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 [Clos]Échange de prisonniers

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Erane de Valory - Chacal

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MessageSujet: [Clos]Échange de prisonniers   Dim 13 Déc - 16:56

Échange de prisonniers
Erane de Valory

C’est une douleur lancinante qui tira Erane hors de son sommeil. Ses tempes étaient coincées entre deux étaux et elle sentait son cœur résonner dans l’entièreté de son crâne. Elle humecta ses lèvres sèches et craquelées puis ouvrit un œil. La pièce laissait deviner une prison miteuse et humide. Un rayon de soleil transperçait son centre pour trahir une bonne quantité de poussière. De la moisissure avait commencé à gagner quelques pierres. Un tas de paille désorganisé faisait office de lit, dans lequel on l’avait couché contre son gré.
Les événements qui l’avaient amené dans cette fâcheuse posture lui semblaient vagues. C’était sans doute dû à la quantité d’alcool ingurgité le soir d’avant. Ses souvenirs s’étaient arrêtés sur une miche de pain, quelques pommes volées et une bagarre. Rien qui ne justifiait, à ses yeux, un emprisonnement.
Émergée de ses songes, elle tenta de se lever. Elle fut surprise de mettre la main sur sa besace, qu’elle avait cru confisquée.
- Ils n’ont peur de rien ceux-là…

Suite à une fouille sommaire, elle dû se rendre à l’évidence que tous les objets susceptibles de blesser un garde furent minutieusement retiré du sac. Ils ne restaient que quelques babioles, un carnet, des vêtements et quelques pommes volées de la veille.
Un bruit provenant du couloir attira son attention. Malgré l’étourdissement de sa migraine, la curiosité l’attira vers la grille où elle étira le cou pour découvrir un homme de petite taille passer la serpillière.
- Pst, pst. Hé toi!

Un peu niais, l’homme s’approcha des barreaux.

- N’as-tu jamais voulu être riche?

- Madame je… Je n’ai strictement pas le droit de vous parler! Avait-il lancé, la voix étouffée.

- Considérons que c’est fait, maintenant. Peux-tu me dire où on se trouve?

L’homme considéra longuement la question, le regard plissé. En secouant la tête, il fit volte-face et se dirigea en direction opposée.
- Je ne me ferai pas couper la langue pour quelques pièces, Madame!

Erane gloussa un peu en l’observant partir.

- Madame…

En se laissant tomber sur son lit de paille, elle farfouilla sa besace pour mettre la main sur son carnet. Afin d’échapper au haut le cœur que lui offrait son mal de crâne, elle entreprit une lecture désintéressée. Elle y avait noté des récits, des comptines amusantes, des esquisses et portraits inspirées par ses voyages en mer. Ce carnet était pour elle une espèce de recueil de souvenirs qu’elle traînait chèrement avec elle.
Après quelques temps à se relire, elle eût l’idée d’écrire une lettre à celui qui allait lui succéder. Elle redressa l’échine et ouvrit le carnet sur ses genoux.
Citation :
À vous qui prendrez ma place dans cet endroit puant,

Je vous écris dans l’espoir de rendre 5 minutes de votre vie moins monotone. On m’appelle Chacal… Ne me demandez pas vraiment de l’expliquer : Je suis petite, rusée, opportuniste et j’aime chanter (Je n’ai cependant pas été assez rusée pour m’éviter la prison).

Je viens d’une famille aisée et bourgeoise qui me put au nez. Je n’ai avec elle absolument aucune affinité. Dès mon jeune âge, j’étais un être rebelle et enragé. On a tenté de me faire entrer dans un moule qui ne me convenait pas. Peut-être vous comprenez mieux pourquoi je suis ici ; je défie sans cesse l’autorité.

Parlant de ma présence ici, je ne suis pas certaine si on m’a mise ici parce que j’ai volé une deux quelques pommes ou si j’ai frappé quelqu’un. J’imagine que je le saurai assez tôt… Quand quelqu’un daignera venir me voir.

Chacal

À sa droite se trouvait une pierre éclissée au niveau de sa base. L’entrave était suffisamment haute pour y glisser la petite feuille que le prochain prisonnier saurait sans doute trouver, s’il a l’œil…

En attendant, Erane patienterait sa libération… Si elle en a une.
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Wadd, Dashnir

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MessageSujet: Re: [Clos]Échange de prisonniers   Ven 8 Jan - 9:47

UN ÉCHANGE DE PRISONNIERS


Ses doigts au travers de sa chevelure ardente profitaient du contact soyeux, comme s’ils se glissaient au travers de quelques pièces en or, d’un trésor majestueux. La femme lui affichait un sourire complice alors qu’elle promenait ces mains frêles sur le dos du ansgar penché sur elle. La nymphe lui murmura délicatement à l’oreille. “Réveille-toi...”

Un choc glacial traversa son esprit, le tirant cruellement hors de ses rêveries pour le ramener impitoyablement à une réalité moins mielleuse. Il retrouvait son corps tremblotant sous le coup de fouet thermique causé par l’eau glacée, mouillant à présent son corps. Un réveil douloureux qui eu néanmoins l’effet bien accueillit de retirer une partie de la saleté qui s’était accumulée sur sa peau couverte d'ecchymoses, mais qui n’enleva que trop peu à la puanteur qui s’y était installée, conséquence non surprenante d’un séjour déjà trop long dans la cellule solitaire.

Parvenant à reprendre son souffle qui lui avait été volé au moment de son réveil glacial, le vagabond redressa le haut de son corps pour s’aider à reprendre ses esprits, tâchant d’amoindrir ses tremblements. Bon sens que j’étais mieux avec cette rouquine… une simple pensée qui l’aida néanmoins à aiguiser son intellect encore embrouillé par le sommeil qu’il venait de quitter.
Sans même les regarder, il connaissait déjà le coupable de cet acte, le propriétaire du sceau qui lui avait balancé l’eau. Gras’Doug était son nom, un personnage aussi amer que gras dont le plus grand exploit fut d’atteindre le grade de sergent dans une garde corrompu. Manquant de ruse, il fut jeté dehors, se contentant ensuite de former un semblant de garde indépendante pour une simple région, moyennant un salaire tout aussi simple. Seul son embonpoint resta inchangé, lui permettant de garder un ventre bien gonflé et un surnom bien présenté.

“Tu vas lever ton cul de sale petit merdeux, j’ai des nouvelles pour toi.”
Pour peser ses mots, le cap d’acier de la botte du Gras frappa le ventre de son détenu. Le prisonnier se contenta simplement de redresser son torse, non sans difficulté, prétextant un souffle trop coupé pour se lever pleinement.

“Pourquoi être aussi rude… Ta… femme est pourtant si douce… avec moi.” Parvint à souffler l’ansgar après avoir repris quelques respires. Pour ajouter à sa pointe, il jeta son premier regard sur l’ex-sergent, où ses yeux ne cessaient d’être attirés par la ligne de peau grasse que l’armure trop petite ne parvenait à couvrir. Comment peut-on devenir aussi gras… le visage du jeune prisonnier et son sourire ajoutaient à l’insulte, lui offrant un regard plein de défi et méprisant. “Et pourtant, elle ne désirait rien de ma douceur, seulement un ou deux écus.”

À peine eut-il terminé sa phrase que la provocation eut son effet et que les jointures de son geôlier vinrent à la rencontre de sa joue, plusieurs fois. Ce fut la douleur qui convint Gras’Doug de cesser les coups, gardant l’insatisfaction de voir le sourire toujours présent malgré les blessures et la peau enflée qui s’étaient maintenant ajoutée.

“J’ai peut-être trouvé quoi faire de ta carcasse de pourri. Si tout se passe bien pour moi, c’est au fond d'une mine que tu termineras tes jours… et ça ne fera une différence pour personne. J’aurais l’or que tu me dois et la satisfaction que ta vie sera misérable.”

L’ex-sergent vint pour lui donner une seconde série de coups, l’agrippant par la gorge, mais les mots d’un petit garde vinrent l’arrêter dans son élan. “On a eu une autre prise patron, une jolie pour une fois.” L’ansgar étira son sourire fort en arrogance avant d’être relâché à contrecoeur, échouant son dos contre le mur de pierre.

Le bruit de barreaux fermés lui permit de savoir qu’il avait à présent une voisine.

Le temps passa, sans savoir s’il s’agissait de jours ou d’heures, seulement que le sablier s’était assez écoulé pour refermer quelques plaies sur son corps, bien que certaines continuaient périodiquement à écouler le sang.

“Sa bouche est comme un fruit qui saign'...
Mais on dit que son coeur est… mort?”


N’ayant autre chose à faire que chanter pour s’occuper, quelque chose attira tout de même son attention : un bout de papier replié fut glissé entre les briques, du côté de la cellule voisine.

“Pourtant les gars... sont là... tout drôl's…
Les p'tits, les durs, les mala...bars…”


Trop curieux pour terminer son chant, il s’étira en vitesse pour saisir le bout de papier, une relique d’intérêt dans une cellule ennuyeuse. C’est l’écriture d’une femme ça… sans doute la jolie dont ils ont parlé…

Le mot fut relu plusieurs fois, étant le seul objet pouvant moindrement occuper le temps du jeune détenu. Il le cachait soigneusement avant chaque visite des gardes du Gras’Doug qui brillait par sa curieuse absence. Tant mieux s’il ne peut plus me supporter… pensa l’homme avant de déplier le mot une millième fois pour en faire une nouvelle lecture, mais cette fois, une idée viendrait changer les choses. J’imagine que je peux aussi bouger cette brique de mon côté… ainsi je serais en mesure de répondre à ce Chacal… ouais, pourquoi pas. Comme plume, il utilisa la paille sèche de ce qui ressemblait à son lit et comme encre, le liquide rouge qui s’écoulait parfois de ses plaies.

Moi, c’est Finn.

Ou bien Fenrir, si vous venez à être la dernière personne à qui je m’adresse.

Je ne suis pas homme à mettre les mots par écrit, bien que l’on me critique souvent de les parler lorsqu’il ne le faut pas. Mais à l’instant, vous êtes ma seule amie.

Si vous êtes un chacal, alors mon héritage familial et mon nom me forcent à prendre le loup. À y réfléchir, je ne partage sans doute que son goût pour le sang de ses proies.

Je ne peux pas prétendre être un tueur, ni à avoir tué, mais je ne suis pas un homme qui aime le calme de l’agriculture. Je suis homme à prendre plaisir dans l’action, la violence et je n’en ressens aucune honte. La vie est faite ainsi et je n’ai pas l’hypocrisie de la vivre autrement.

À un jeune âge, j’ai été pris en charge par une famille dans la Baie-aux-Requins (endroit que vous connaissez sans doute), dont ma maintenant soeur Charlotte, qui doit sans doute se demander où je me trouve, sans être surprise. Avant la Baie, je n’ai guère de souvenir sur ma vie, si ce n’est que les échos de mon sang familial, oublié par moi et sans doute le monde entier.

Pour être honnête, je m’en fiche.

Maintenant, sans doute comprenez-vous ma présence en ces murs. Je ne sais plus si c’est pour une question d’écu ou pour mes critiques sur son gras.

Qu’est-ce qui vous a poussé en dehors du confort, le rêve d’une aventure chanté par les bardes?
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Erane de Valory - Chacal

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MessageSujet: Re: [Clos]Échange de prisonniers   Jeu 14 Jan - 18:34

Elle comptait plusieurs jours d’enfermement. Au début elle les dénombrait, puisqu'elle n’avait que cette seule responsabilité. Maintenant elle ignorait le juste compte. Les jours se confondaient à travers la routine ennuyante des rondes des gardes. D’ailleurs, elle connaissait bien leur trajectoire.

Un matin, alors qu’elle se laissait mollement tomber dans sa paille dégarnie. Elle jeta un œil à la roche derrière laquelle elle avait caché sa missive. Elle allait pour tendre la main quand le son d’une voix portante se fît entendre.

- Elle est où? Cette voleuse!

Maintenant sobre depuis longtemps, la noiraude comprit que c’est d’elle dont il parlait. Bien qu’elle redoutait son sort, l’idée qu’elle n’était finalement pas oubliée lui redonna un soupçon d’énergie. Un homme de petite stature, gras, et avec un tantinet de pâte blanche aux coins de la bouche s’avança près des barreaux.

- Ha c’est toi! Eh bien… Es-tu prête? Quelle main as-tu décidé de perdre?

L’expression de surprise et de peur qui se lisait sur le visage de la prisonnière lui déclencha un rire aussi gras que son double menton.

- Mais non, idiote. Relaxe… au moins pour une nuit car demain je reviendrai te voir et on… décidera ce qu’on fera de toi…

Il s’en retourna en ricanant.

La jeune rebelle reprit place sur sa banquette de luxe, replongeant la main derrière la pierre du mur. Elle agrippa le bout du papier de l’index et du majeur. Le mot était beaucoup plus fripé qu’initialement.

- C’est étrange… Il était beaucoup plus….

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’elle remarqua le tracé rouge qui ornait l’endos de la missive. Son cœur ne fît qu’un bond. Elle extirpa son cahier de son sac pour déchirer une feuille…

Citation :
Bonjour Fenrir,

Je prendrai soin d’écrire votre prénom en entier puisque, peut-être comme vous, il sera le dernier que j’aurai pris connaissance. Mon nom à moi est Erane.

Comme il est étrange de se lier d’amitié alors que nous n’avons partager que quelques mots et notre situation similaire. Je crois qu’en dépit du contact visuel, nous nous comprenons mieux que quiconque.

Ce qui m’a poussé hors de mon confort? Vous avez raison sur le goût de l’aventure mais c’est plus que cela. C’était en moi : un désir profond d’aller au-delà des lieux et des situations. J’étais déjà sans limite, très jeune. Si mes sœurs étaient heureuses de planifier leur tenue de soirée, moi je m’ennuyais à en mourir.

Aussitôt que l’âge me l’a permi, j’ai fait le choix de partir. Je ne dis pas que ça a plu à tout le monde. Si mon père le pouvait, je crois qu’il me forcerait à rentrer au manoir par la couette de cheveux! C’est aussi un peu pour cela que je cache mon nom ainsi que celui de ma famille. C’est pour leur éviter une quelconque humiliation.

À bien y penser, je suis une fugueuse.

P.S. J’ai laissé un bout de fusain, pour vous. Ça fait un temps, se vider de son sang….
D’accord ce n’était pas drôle.

Le gros geôlier viendra demain. J’ignore ce qu’il me fera. Si vous n’avez plus de réponse à cette lettre, et bien soi je serai morte, soi je n’aurai plus de main.
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