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 [Clos] Crebain'Dor

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Nomìa Ossë’Anyel, Eladrin

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Date d'inscription : 05/02/2016
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MessageSujet: [Clos] Crebain'Dor   Sam 6 Fév - 9:58

Extrait du journal D'Estaëlle Ossë'Anyel

Page déchirée


An 274
…L’aube était venue caresser mon visage. Je m’étais rendue à la rivière pour m’abreuver et nettoyer mon visage. Il m’arrivait parfois de me regarder dans l’eau plusieurs minutes, espérant peut-être y trouver ma profonde nature ou un quelconque détail m’ayant échappé.

C’était l’endroit parfait pour me recueillir et méditer. J’y passais plusieurs heures et le silence qui y régnait m’emplissait d’une profonde spiritualité. J’avais l’impression de sentir toute l’énergie du monde me traverser l’échine jusqu’au bout de mes cheveux.

Ce matin-là, tout ne se passa pas exactement comme tous les autres matins. Ce matin-là, tandis que je regardais mon reflet, l’eau est devenue rouge. Une odeur de fumée m’était grimpée au nez…


Une autre page déchirée


…Les dégâts avaient été collatéraux. Le village que je connaissais ressemblait maintenant à un paysage macabre où on ne voyait que des ruines et des cadavres. Je voyais mes frères et mes sœurs chercher des survivants à travers la fumée, les cris et les larmes. Le désespoir avait gagné mon cœur et je ressentais la détresse de mon peuple au centuple. Comment était-ce possible de commettre de tels actes?

La haine se faisait une place malicieuse en moi. La colère guidait mes pensées et me menait vers le chemin de la vengeance…


Dernière édition par Nomìa Ossë’Anyel, Eladrin le Mar 29 Mar - 16:30, édité 2 fois
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Nomìa Ossë’Anyel, Eladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Crebain'Dor   Mar 29 Mar - 16:01

Nomìa Ossë’Anyel

Premier chapitre

An 398
- L’abandon -




Je suis encore une enfant frêle lorsque ma mère décèle en moi une once d’énergie suspecte. Ce matin là nous sommes à la maison et elle m’apprend les techniques et rudiments concernant la macération des plantes. Elle m’explique leurs priorités et me démontre la meilleure façon de travailler avec celles-ci. Il y a dans l’air ces effluves qu’on reconnaît aux herboristes, un fumet fort mais invitant qui témoigne l’aspect spirituel de la personne qui en use. Nous prenons place autour d’un petit feu au centre de notre hutte et nous travaillons ainsi une bonne partie de la journée, fabriquant les onguents, les fioles et les remèdes pour le village.

Alors que nous sommes concentrées, elle cesse de me toucher la main et recule de quelques pas. Je ne suis pas certaine si elle est effrayée ou excitée mais je lis dans son regard une naissante et profonde angoisse. Ses yeux tremblent comme si elle prend conscience de ce que je suis, ou appelée à être. Un long silence s’installe et elle me jauge sous cet oeil nouveau et déplaisant que je ne lui connais pas. Elle se lève en titubant et disparaît à ma vue, me laissant seule devant notre chaudron d’herbes en ébullition. Elle ne revient que le soir, les traits fatigués et rongés par le tourment et la peine. Elle n’ose pas me regarder, filant directement à sa couchette où elle s’isole et me laisse à moi-même. Lorsque je me couche à mon tour, le sommeil se fait long à venir. Mon esprit est taraudé de remords et de honte à l’idée d’avoir mal agis. À partir de ce moment, ma vie fait volte-face.

Le matin suivant, ma mère m’emmène devant Emesther, le doyen du village. Il est connu pour sa grande sagesse et sa proximité avec le voile. Malgré ses traits émaciés et son allure déjantée, il y a dans son œil un éclat de vivacité et d'intelligence qui le rend si vénérable. Ce vétéran est passé dans la vie de plusieurs individus et son expérience de l’existence poussa le peuple à le consulter pour divers problèmes. Aujourd’hui, c’est ma mère qui se tient devant lui, cherchant une solution à sa situation. Je ne comprends pas encore ce que ma condition implique mais l’inquiétude de ma mère ne m’indique rien de bon. Je demeure à ses côtés, prostrée timidement dans ses miteux jupons. Elle s’adresse d’abord à lui sur un ton insistant et légèrement agacé. D’un calme exemplaire, il semble rétorquer à chaque lancée avec la prose et tempérance d’un homme de sa trempe. Je perçois chez l’ancien un état favorable à ma condition, que je ne connais pas encore. Nous quittons la salle prestement. Je devine alors que ma mère n’a pas reçu la réponse qu’elle espérait.

Une triste distance s’installe entre ma mère et moi. Elle ne me porte plus la même affection et me témoigne parfois du dédain. On ne m’explique pas ce que j’ai. Suis-je malade? Loin de la main rassurante maternelle, mes nuits se couvrent d’angoisse. Plus elles se succèdent et plus je ressens le vide s’installer en moi insidieusement. Mon esprit vacille entre la tristesse et la colère.

Plusieurs semaines s’écoulent depuis mon rejet. J’ai perdu mon sommeil et ma vie d’enfant se transforme fatalement en vie d’animal abandonné. La compassion qui m’anime se dissipe, le bonheur s’éclipse et ma santé prend la poudre d’escampette. Je vis de plus en plus à l’intérieur de ma tête et je me protège du monde extérieur de mon mieux. Le village, au courant de l’histoire, me regarde comme si j’étais un rébus de la société, amplifiant mon sentiment de solitude et de misère. Le rejet de ma mère est la pire chose que ma petite stature s’est vu vivre. Chaque regard et mot empoisonné ont façonné la perception que j’ai de moi-même. Mon âge m’empêche de voir clair dans cette situation compliquée et me laisse dans l’incompréhension la plus totale. Je me sens désemparée, seule et abandonnée.
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Nomìa Ossë’Anyel, Eladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Crebain'Dor   Jeu 5 Jan - 19:51

Nomìa Ossë’Anyel

Deuxième chapitre

An 419
- La voie du Voile -




La journée est relativement belle et j’en profite pour me promener allègrement dans les bois. Je ramasse ici et là des herbes qui seront utile pour quelques bouteilles et je file au village mettre mes trouvailles en sûreté. J’entre sans bruit dans la hutte de ma mère et je l’a trouve endormi sur sa couchette, les traits paisibles. Je profite qu’elle ne me voit pas pour déposer les plantes dans le panier. Je préfère quand elle dort car je peux ainsi m’éviter ses méprisants regards. Malgré son dédain, je tente de faciliter sa vie de mon mieux. Cela ne doit pas être simple d’avoir un monstre comme fille. En échange, elle me laisse dormir dans mon lit, me protégeant des intempéries et des bestioles qui voudraient de moi comme repas.

Je me dirige hors de la hutte quand une violente douleur traverse ma tête, comme une déchirure. Je porte les mains à mes tempes et je serre la mâchoire, terrorisée. Soudainement, des voix se font entendre dans mon esprit. Leur nombre est tel que j’ai l’impression de sentir les battements de mon cœur dans ma boîte crânienne. Les voix m’appellent, comme si, désespérément, elles désirent être entendu. Elles me demandent de les aider, de transmettre des messages, d’agir en leur nom. Paniquée je traverse maladroitement le village, faisant tomber plusieurs brasiers et quelques étagères à mon passage. Je cherche un endroit où je pourrais me soustraire aux regards accusateurs. Les villageois me regardent avec agacement, les sourcils froncés. Je me sauve vers le petit bois où je peux laisser libre cours à ma nouvelle démence.

Comme d’habitude, je ne comprends pas ce qui me guette. J’ai compris que jamais je ne pourrai compter sur quiconque pour m’expliquer ce que j’ai d’anormal. Je suis assise seule dans cette petite clairière où je tente de contrôler les voix qui tentent de prendre possession de mon esprit. Mes mains emprisonnent ma tête et je ferme les yeux, refoulant l’intensité et attendant la fin de mon calvaire. Après quelques minutes de tourment, j’entends une voix s’élever au-dessus des autres, celle d’une femme. Elle m’invite à n’écouter qu’elle, à me concentrer sur sa voix. N’ayant pas d’autre choix, je décide de me plier aux volontés de cette dernière. Il ne fallut que quelques secondes et les voix se murent dans le silence. Je suis d’abord soulagée, inspirant longuement à ma nouvelle tranquillité psychologique. Puis, intriguée, je regarde autour de moi, espérant croiser le regard de cette curieuse femme. Je tourne un peu sur mes petits pieds mais je ne vois personne. La mystérieuse voix s’éleva de nouveau, m’indiquant qu’il était impossible pour moi de la voir. Elle n’est qu’un esprit qui garde la dense forêt de Crebain’Dor.

- Tu as été choisis pour être l’émissaire des esprits avec le monde des vivants, Nomìa. Les voix que tu entends sont celles des âmes du monde des morts, désireux de renouer avec leurs êtres chers. Ton apprentissage sera long, ma petite…Tu seras la prochaine Guide.

Tels sont les mots de l’esprit gardien. Je ne me sens pas rassurée mais elle me fait comprendre que mon apprentissage sera long et que je pourrai contrôler les voix dans ma tête. C'est tout ce qui importe pour mon jeune esprit...
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Nomìa Ossë’Anyel, Eladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Crebain'Dor   Sam 7 Jan - 22:11

Citation :
Errance
- première partie -
--------


Quand Nomìa reprit ses esprits, elle était à moitié dans l’eau, sur le bord de la rive. Une bonne toux rejeta tout l’eau qu’elle avait avalée. Elle tituba sur ses jambes, tentant de se remettre sur ses pieds et pivota sur elle-même. Sa bouche était sèche et une vilaine bosse ornait la cime de son front. Elle frôla ses doigts sur son front pour jauger de la gravité de sa blessure quand soudainement, les souvenirs de la veille traversa sa tête. Un lourd poids tomba raide dans son ventre et paniquée, chercha sur le reste de la rive, le regard sur le qui-vive.

- Dagon!

Les bras le long du corps, l’elfe avait crié de toutes ses forces. Aucun son ne lui parvînt en retour. Elle cria de nouveau, accrochée à l’espoir d’entendre sa voix. Rien.

La veille, quand les failles surgirent, Nomìa et Dagon étaient disparus chacun de leur côté, en tentant vainement de s’agripper un à l’autre. Ils s’étaient fait aspirer sans savoir où ils allaient atterrir.

Même si cela faisait déjà quelques semaines, Nomìa ressentait les événements comme s’ils étaient le jour d’avant. Si elle avait été chanceuse, elle ignorait s’il en était de même pour Dagon… Et s’il était en vie…

Les premières heures de Nomìa sur l’île avaient été consacré à la recherche de sa moitié. Malgré quelques rencontres, aucune trace de son époux. Elle échoua au cercle druidique où elle avait mis toute sa puissance intellectuelle à la recherche d’une parcelle de l’âme de Dagon. Rien.

Si les recherches infructueuses parmi les âmes défuntes étaient rassurantes, l’idée qu’il soit dans un monde traitre et monstrueux creusait son tourment qui s’installait insidieusement entre ses deux oreilles. Un tourment qu’elle avait déjà connu, il y a fort longtemps…

Depuis, il n’était pas rare de la voir flotter dans la forêt qui abonde le cercle druidique. Elle n’était jamais loin, au cas où sa moitié lui reviendrait. Vivant ou mort.
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