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 [Clos] Cette guerre est la nôtre

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Xavian Vala, Éladrin

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MessageSujet: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Mer 10 Fév - 5:06

Cette guerre est la nôtre



«Je ne suis pas un vilain. J'étudis ses méthodes, je revêt sa peau, je pense comme lui, je porte ses couleurs et dégage même sa présence. Mais de cet étang ainsi souillé j'émerge un saint puisqu'à brûler le manteau de l'impie je suis purifié par ma vengeance.»

- Xavian Vala




Les temps étaient dur pour les réfugiés Éladrins, alors à l'aube de la plus importante conquête de leur histoire, c'est-à-dire la baie qui abritera la majestueuse cité de Valacirca. Le roi-régent qui les avait, voilà de cela plus de 100 ans, menés sur les rives du nouveau monde et ainsi sauvés de la déchirure du voile; Tassarian Velenor menera l'attaque. Alors qu'il est à la tête des guerrier du Eden'aran (aussi appellés, dans la langue commune, les guerrier du "nouveau roi") poussera son recrutement jusqu'aux quatre coins d'Ur'Menoch, appellant ainsi tous les éladrins à combattre sous une seule et unique bannière. La promesse fut simple; des terres et une cité gourvernée par un souverrain appartenant à leur sang. L'idée résonna si fort dans le coeur des hauts elfes réunis qu'il se retrouva devant une force armée inspirée et redoutable.

Il scinda les siens en régiments et chacun furent dirigés par un Gwaith Tirith, "gardien de troupes" qui fit serment de vivre et de mourir sous la bannière de Tassarian le brave. Finançé par le fils légitime de l'union des deux grande famille éladrin de Menoch, Mineron Min'Illidis dit "le téméraire", la mission semble fondée sur le succès. Seule une question souffle un vent de mystère et murmure:


Quel sera le prix d'un tel trophé?


*


«Il est de la responsabilité du chante-lameur que de mettre fin à la guerre avec la musique; de créer l'ordre à partir du chaos.»

Silaril d'Arvanis surplombait tous les éladrins présent, non par sa grandeur mais par l'autorité et le charisme imprimés dans chacun de ses mouvements. Sa voix était retentissante, décourageant les suggestions, enscençant ainsi un silence sur lequel il érigea son drapeau. Ses cheveux blanc étaient interminable, flottant le long de sa peau parcheminée comme deux voiles immaculés. Ses yeux contrastaient cette abondance soyeuse par deux émeraudes implacables, striés de marron rappellant la force tranquille et la solidité du chêne. Sa cotte aux mailles parfaites avaient été forgée de pierres sanguines montée d'épaulières en bandes d'acier méticuleusement superposées.

«Sans le clairon de nos lames, le cor de nos voix et l'accord de nos corps et esprit, nous ne valons pas mieux que ces brutes désorganisées qui.....»

Des rires retentirent et coupèrent net l'élan du gardien. Invraisemblablement, l'indiscipline était pour d'Arvanis tout aussi irritante qu'un violon qui grince. Supplantant le fautif de sa taille vertigineuse, son regard commanda aussitôt l'aveu du plaisantin.
Erenos fit moin le malin mais c'est Xavian qui prit la parole.


«C'est ma faute, gardien, c'est moi qui ait causé les rires, je prend l'entière responsabilité de mes ...»

Illivan enchaîna en un éclair:

«Non, gardien d'Arvanis, c'est moi qui est....»


Erenos n'était pas d'accord:

«C'est pourtant mon couteau qui a....»

Numina leva le doigt afin de s'exprimer ...

...mais c'est la hargne de Silaril qui tua tout son désirant sortir de sa bouche.

«Assez! Puisque vous êtes si pressés de prendre le coup qui ne vous est pas destiné, vous prendrez les rangs de la lance d'Aran. Vous serez les premiers à mettre pieds sur les flancs de la baie.»


Citation :
L'An 123, la prise de la baie



L'Anticipation


J'ai reçu l'autorisation, aujourd'hui, d'insérer le rang des troupes de choc, je suis si fébrile que je me pardonne d'avoir rompu le discours du commandant avant l'entraintement de ce matin. Je devrais plutôt affirmer qu'Erenos cingla la ceinture retenant mes braie, au son des rires d'Illivan et de Numina, qui à leur tour alertèrent d'Arvanis, le gardien de notre unité. Nous formeront donc la pointe de la lance d'Aran; l'épieu du roi.


Voici ma chance.


Un héro c'est que je deviendrai et lorsque je reviendrai chez moi, j'emplirai mes poumons de fierté.



L'entrainement fut plongé dans un silence familier, substitué de l'orchestre martial des lances percutant boucliers et lames croissant. Nous fûmes en paire aujourd'hui et la chance m'a permis d'être jumellé à Illivan Telladil. Je n'ai jamais vu de plus grand elfe ni de plus fin guerrier. Sa longue chevelure platine épousait parfaitement sa peau laminée et ses yeux perçant, deux améthystes féroces, se jouant de mes mouvements comme le ferait un chat s'amusant avec la souris qui lui servira de repas. Curieux traits que ses iris; on raconte que bien avant la déchirure du voile, son père s'unit à une elfe grise donnant au premier fils les prouesses martiales des hauts elfes mariées à l'énergie fébrile des elfées. Je la sentit, cette fébrilité,  je savais qu'il se battrait pour Nala, sa bien-aimée et le petit Feallas qui se débattait déjà dans le ventre de sa mère.

On nous eûmes promis le salut puisque la baie que nos navires de guerres mordrait dès le lendemain servirait de fondations pour notre peuple. Enfin une chance d'avoir nos terres, notre appartenance et notre identité. Finit les réfugiés, nous prendrons ce qui est nôtre. Voilà trop longtemps que nous attendons cette opportunité et la voilà qui hurle à nos portes. Le régiment 89; celui dont je fait partie, frappera les côtes de la baie, dardant les flancs de la bête pour que la concentration des forces éladrin sécurisent leur débarquement.

Sait-on réellement ce qui nous attend ? Le gardien du régiment 89; Silaril d'Arvanis nous promet des barbares sanguinaires, de lointain cousins des Eodhs, ceux dont la soif de sang pousse au cannibalisme et aux fratricides, rien de plus que des clans rivaux s'entre-déchirant comme de vulgaire bambins se disputant une simple couverture. Erenos, l'un des archer du régiment parle plutôt de démons revêtant l'aspect d'humanoides, dépourvus d'autant plus d'humanité que de satiété pour le sang. Des engeances du vice, tuant, violant et écorchant leur victime - espérant du même coup que ce soit dans cet ordre -. Le petit elfe, aux traits taillées à la dague, dont la machoire est curieusement définit en forme de quadrilatère captivait davantage de ses iris que de son histoire, ceux dont le bleu trouble rappellèrent les eaux meurtrières d'une tempête maritime. Mystérieux de nature, sa chevelure érable et débraillée sembla être sa marque personnelle, communiquant son irrévérence et son besoin compulsif de suivre absoluement tout sauf les règles. À la dague comme à l'arc par contre, il saurait couper les ailes d'une mouche à plus de 100 mètres. Erenos se tenait toujours aux côtés de sa soeur, Numina, une arcaniste aux cheveux courts et chatain dont les sortilèges de feu n'étaient plus redoutable que son tempérament.

Je ne su ce qui m'hypnotisait davantage chez elle; ses iris placide et ambrées ou son rire limpide qui caractérisait merveilleusement bien l'entrain et la passion qui la rendait si belle. Sa grandeur surplombait à peine celle de son frère bien que son cou allongé et proéminant nourrissait l'illusion qu'elle le dépassait de plusieurs têtes. Je sais ce qui tint ce groupuscule ensemble: moi, qui n'est ni grand ni petit, au teint d'ivoire et aux yeux vairons, l'un gris et l'autre bleu, phénomène d'où fusaient les plaisanteries et les rires, tout ça acause d'Erenos. Il adorait clamer que de mes deux lumières bleutées, l'une avait forcément brûlée à trop se concentrer sur sa soeur.  Apolith en soit témoin, j'en ferai ma cause: je lui donnerai une correction à ce petit plaisantin! Il me sait ambitieux et patient, il sait ce que représente l'union elfique pour moi et le héro dont je suis destiné à devenir. Illivan me demande toujours comment je fait pour tolérer le comportement âcre et dissident de l'éladrin. Peut-être suis-je étrange? je présente tout de même de curieuses caractéristiques dont moi-même ne sait la provenance; si la dualité de mes yeux renforcent l'intérêt, c'est la rivière de jais chutant jusqu'à mes épaules, qui rehaussent le plus de questions sur mes origines. On parle souvent de demi-êtres, de rejetons venant du ventre éladrin et d'une semance humaine. Cela ne rehausse pas mes inquiétudes cependant; il est connu que de tel progénitures naissent stériles et abandonnées, ce qui ne fut pas mon cas.


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Xavian Vala, Éladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Mer 2 Mar - 22:44

L'An 123

La préparation

«Je te verrai à travers la fumée et les flammes, par dela le givre de la mort et au son de nos lames en accord nous nous élèverons plus haut et plus haut encore jusqu'à leur conquête totale.»


Illivan Telladil et Xavian Vala durant la défense du camp des réfugiés en l'an 2



Les deux lames se percutèrent dans un fracas cinglant, autant d'yeux reproduirent silencieusement l'échange dans un amalgame de violet et de bleu. La grandeur et la force de l'elfe à la chevelure platine obligea Xavian à perdre du terrain, ce dernier peinant à parrer et à défendre sa position. Il aurait juré avoir vu un mince sourire éclaircir le visage de son adversaire avant de prendre un revers de lame par le bas. Vala n'eut pas prévu cette frappe bien que, la lame croissant suggèrait cette possibilité simplement par sa structure, la parra néanmoin, in extremis. Ce qu'il ne vit pas, par contre, fut la pierre derrière qui mordit son talon et le fit basculer, tomber et expier une pathétique défense contre la froideur du métal pressant maintenant sur sa gorge.

L'oeil gris de l'elfe maté s'ouvrit pour appercevoir Illivan qui le surplombait, lame inférieure prêt à l'égorger. Ce qui découragea la possibilité était le sourire amical qui garnissait maintenant ses lèvres.


«Tu te défend bien. Seulement ... à bien te défendre tu laisses ton adversaire contrôler le terrain, lui laissant dicter la longueur du verset. La prochaine rime pourrait t'être fatale, ne lui laisse jamais finir ce poème. La meilleure défense, Xavian, c'est l'attaque.»


Tendant sa main, il attrappa celle du géant pour se retrouver rapidement sur ses pieds. Balayant la poussière menaçant d'envahir son long manteau, Vala regarda vers lui pour ensuite verser doucement la question:


«À travers la fumée et les flammes?»


Illivan sourit devant celle-ci, ne répondant qu'en hochant fermement de la tête.


«À travers la fumée et les flammes.»


Ils furent interrompu brusquement par la voix portante de Silaril qu'ils n'avaient pas aperçu avant qu'il ne soit trop tard. Son regard transpirait la transcendance, son menton relevé et ses yeux mi-clos n'offraient aux deux qu'une vaste condescendance. Le ton du gardien n'avait pas moin de venin:


«Les paires sont finit depuis un bon moment déjà. Dois-je croire que votre camaraderie est plus importante que les ordres de votre gardien? ou est-ce simplement parce que l'infinie néant de votre tête vous empêche de comprendre l'infinie simplicité de mes directives? Rien à dire? Pas de sacrifice pour son ami cette fois? Difficile de faire le malin lorsque vous êtes deux à prendre le même coup de bâton, um?»


Les deux se tinrent bien droit, les yeux balayant le sol et lorsque la cape battante du gwaith tirith leur laissèrent vue à son dos, ils partagèrent un sourire complice.

À rejoindre les autres sur le terrain de pratique à l'arc, ils apperçurent Erenos qui dévala aussitôt vers eux. Silaril le regarda avec deux yeux qui doublèrent en diamètre, si furieux que son silence suggérait qu'il allait bientôt exploser.


«Vous avez entendu? Mineron lui-même viens rencontrer personnellement le régiment aujourd'hui! N'importe quoi, lui et sa famille ne viennent que caresser leur profit et de nous assomer avec leur politique. En plus de....»


«Erenos Turanil, en voilà assez. Cette fois, c'est le confinement.»


Avant même une possible réaction de la part de Xavian et Illivan, le commandant d'Arvanis ordonna la saisit du plaisantin et ce fut cela.


*


Naladhiel Vala redorait une luminosité qui éclairait son visage, ses joues rosées témoignait de sa bonne humeur mais malgré tout, une étincelle d'inquiétude se jouait de ses invités. Elle était magnifique même à ne voir que son dos, de ses épaules satinés jusqu'à ses interminables jambes en passant par sa chute de reins délicatement couverte par les lacets d'une robe dont le vert rappellait l'éclat des pommes verte. Ses longs cheveux arboraient la couleur de la nuit et son teint celui de la neige; pâle et fragile. À se retourner, linges couvrant ses mains et celles-ci couvrant eux-même un gratin de légumes, ce n'était pas ses yeux tourmaline que l'on remarquait à priori. Non, c'était la protubérance à son ventre qui la rendait si belle, celle qui abritait le petit Feallas, premier fils d'Illivan.




Lorsqu'elle déposa cette rivière de fromage merveilleusement grillée, Xavian savait qu'à la première portion taillée, une myriade de couleurs sauraient les émerveiller, lui et Numina. Des poivrons dorés, cramoisie, de jade ainsi qu'un mariage de courgettes et de chanterelles lancèrent des effluves poivrées aux convives dont le sourire fut instantanément ressucité.


«Tu dois me donner ta recette, Nala. Je ne suis jamais capable de lui donner un lustre aussi chattoyant ...»


«Ah il n'en est pas question, Mina ! Une bonne cuisinière ne révèle jamais ses recettes. De plus si je te la donne, tu ne reviendra plus jamais ici.»


Les deux femmes partagèrent un rire alors que Numina convergea aussitôt son regard sur Xavian qui, jusque là souriant, n'eut pas dit un traître mot.


«Quelle chance tu as, Xavian, d'avoir une soeur aussi habile dans la cuisine, je parie que tu n'as manqué de rien lorsque tu était plus petit!»


L'affirmation, malgré son allègre minois, lui gagna un silence né du malaise dont seul les morts sauraient égaler. Illivan eut cette mine bourrue qu'il avait lorsque l'un s'était commis dans l'erreur.


«Tu sais très bien que les parents de Nala et Xavian sont morts durant le périlleux voyage qui nous a mené sur ces terres, pourquoi faut-il que tu racle constamment ce mauvais souvenir?»


«Je...!»


Une simple main à l'épaule de Numina su pourfendre et le malaise et l'ébauche d'une dispute, l'elfe aux cheveux de jais offrit un regard qui su la réconforter couplé d'un sourire qui chassa l'erreur de l'arcaniste. Nala enchaina:


«Voilà de nombreuses années qui mettent derrière ce deuil, ne t'emporte pas meleth. Allons maintenant, mangez avant que ça refroidissent davantage que cette ambiance!»

«Dommage qu'Erenos soit au confinement solitaire, il aurait su raviver la flamme avec une bonne blague. J'ai entendu dire qu'il a reçu un pardon rapide et qu'il doit sortir ce soir, c'est vrai?»


Encore meurtrie de s'être fait briser l'élan, Illivan en profita pour raviver la flamme à sa façon.


«Il l'a mérité, insulter ainsi la noblesse des Min'Illidis.»

«Tu sais très bien que les Min'Illidis sont à la solde des bureaucrates humains, il avait TOUT les droits de s'exprimer librement. Nous l'avons toujours fait, pas vrai?? C'est seulement depuis que nous co-habitons avec les étrangers que nous ne pouvons plus communiquer nos pensées. Cette atmosphère d'hypocrisie est le domaine des humains


Le ton grimpait, c'était toujours ainsi entre Illivan et les jumeaux; la discipline n'a jamais été leur domaine et l'étanche structure eut toujours été le credo des Telladil.


«Ces "étrangers" comme tu les appellent nous ont accueillit sous leur toit lorsqu'ils ont fondés Menoch. Montre dont plus de respect pour l'Eden'Aran


«Nous parlons de ton ami, Illivan, ton ami que demain il soit possible que tu ne revois jamais. Penses-tu que ton "nouveau roi" en a quelques choses à faire de lui ou de nous? ou de ton fils dailleurs? Est-ce que quelqu'un, un jour, aura le courage de dire à ce roi que des vies innocentes sont en jeu?»


«Laisse Feallas en dehors de tout ça, veux-tu?? Et puis que sais-tu du courage, Numina? As-tu déjà vécu les horreurs de la guerre? Laisse moi te dire qu'elle compte très peu d'innocents et que de prendre de telles décisions, pour un souverain, est un exemple même de courage.»


À son paroxysme, la dispute fut vaincu par un bruit de fracas qui fit sursauté Nala. Xavian avait plaqué ses mains sur la table, s'était rudement érigé et avait rompu son propre silence:


«Nous allons conquérir cette baie et chacuns rentrera chez lui. Je vous fait cette promesse: nous partirons soldats et nous reviendront des héros


Son sourire arborait l'armure de la confiance et l'éclat su reflèter son charme sur sa mince assemblée. Du peu de mots qui sortirent de la bouche de Xavian, c'est leur poid qui compensèrent de par leur impact. Illivan hocha fermement de la tête vers son ami et Numina resta abasourdit mais néanmoins rassurée par la simplicité de l'elfe qui n'avait jusque là pas peser plus lourd que le silence.


*

La lune communiquait sa plénitude par une lumière qui semblait envahir le ciel dépourvu d'étoiles. Les chaumières avaient cessées de cracher leur habituelle fumée et seule une douce brise osait perturber l'immuabilité du quartier à cette heure. Leur pas les menaient lentement vers la demeure de Numina. La jeune femme ne cessait d'oeiller Xavian comme s'il était un monuement de mystère et lorsqu'elle eut rassemblé sa question, l'elfe aux cheveux court ouvrit la bouche et fut aussitôt interrompue.


«C'est une belle nuit, la lune est pleine, c'est présage d'une grande victoire.»


Xavian avait ce sourire qui aurait débordé jusqu'à ses orbites s'il pu s'étendre davantage.
Secouant toutes les questions qui brûlèrent instantanément l'esprit de la jeune femme, elle fut spontanée.


«Tu est incroyable, tu vois vraiment le bien partout.»


Il lui décocha un sourire derechef qui su aussitôt convertir l'elfe chatoyante. Si la nuit était sombre et sans étoiles c'était sa faute; elles étaient piégées dans ses yeux. Pendant que la lune promettait un lendemain sanglant, ses joues, elles, dérobèrent sa teinte cramoisie, joliement marriées d'un sourire plein de promesses.


«Tu trouves? on me dit souvent que je vois le bon dans chaque individu, j'ignore si c'est réellement ce que je fait, mes actions si irréfléchie parf.....»




Sous le regard austère de la demeure des jumeaux, ce fut le feu des lèvres de Numina qui lui coupa la parole. L'oublie su engloutir le froid de la nuit et le remplacer par la chaleur du baiser de son amie. Ils le prolongèrent si longtemps qu'il eut l'impression qu'ils ne se quitteraient jamais. Lorsqu'ils rompirent, c'est lui qui fut convertit.

Dans un ultime sourire timide, elle partie sans lui dire un mot et disparue derrière l'épaisse porte de sa chaumière.
Xavian resta là avec son coeur en bataille et ses lèvres encore parfumées. Ses doigts parcourèrent lentement celles-ci et lorsque ses yeux furent clos, l'elfe pâle modela un sourire rêveur. Quand finalement il lui vint de sortir de sa torpeur et de tourner les talons, c'est une sensation étrange d'avoir été observé qui lui saisit l'estomac.

Il n'eut pas totalement tord puisqu'à travers la fenêtre se tenait Erenos, ses iris peinturant déjà une cible sur lui.
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Xavian Vala, Éladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Jeu 10 Mar - 22:42

L'An 123


La rencontre


«Nous ne voyons pas le monde comme il est mais comme nous sommes.»

Mineron Min'Illidis

«La guerre, dans toute son horreur et sa cruauté, nous révèle qui nous sommes vraiment.»


Thassarian Vélénor



Demeurant couronné, l'ancien roi-régent avait reçu ce cadeau de la part du roi de Menoch. Aux mots de ce dernier, il n'y eut de plus sage ni de plus valeureux dirigeant que lui et jamais n'allait-il le dérober de ce prestige qui, pour les éladrins encore aujourd'hui, restait et resterait un symbole vivant de respect et d'authorité. La vérité, Thassarian la connaissait; il n'y aura pas deux roi en Menoch, il se devait donc de rester vigilant. Bien que la court humaine n'était pas du tout la même que la royauté elfique, il ne pu s'empêcher de renifler là le mensonge et la supercherie. En d'autres mots, l'altesse elfique su très tôt qu'une taupe s'était inséré dans ses rangs, si ce n'était pas dans sa garde personelle à lui. Il en eut longuement discuté avec Mineron qui démonta ses soupçons un à un pour qu'il finisse enfin par accepter cette troublante possibilité.

Voilà pourquoi ils décidèrent que l'inspection de chaque régiment était mandataire.

Seul dans ses quartiers alors que l'aurée du matin pointait son nez à travers la fenêtre du château, le grand elfe cogitait. Ses mains gantées étaient unis dans son dos alors qu'il faisait face à une immense carte juchée sur la partie supérieure du mur de la chambre du stratège. Les années n'eurent pas éroder sa beauté ni sa jeunesse qui ne montra guère les dizaines de centaines d'années qu'il couvait. Sa chevelure d'ébène cascadait toujours vigoureusement jusqu'à ses épaulières de fourrure blanche. Son visage ne trahissait aucunes rides ni ne laissait transparaître la moindre usure. Thassarian était couvert de bijoux de la tête au pieds, un symbole maintenant disparu qui donnait préseance à son rang absolu au sein de la défunte court elfique. Sa couronne ailée était sertit de neuf opale de feu et fait d'électrum, un alliage rare d'or et d'argent qui saurait communiqué la royauté de son sang. Sa longue toge écarlate cependant était drapée exprès afin de respecter les coutûmes et couleurs de la région, de Menoch, celles du nouveau roi. Pourtant, son ornement le plus précieux était l'une de ces opales qui, d'aspect tout à fait identique aux autres, possédait une puissance hors du commun. Ayant toujours appartenu aux Vélénor de génération en génération, c'est cette pierre qui avait permis à la famille de s'élever si près du pouvoir et d'éventuellement, enfin pour lui, de le saisir. On raconte qu'elle serait en réalité un minuscule fragment du voile possédant une puissance magique qui serait directement proportionnelle à l'émotion et la volonté communiquée par son porteur. Plus la volonté est grande, plus sa puissance s'avère terrible. Inutile de dire que ce n'est pas un hasard si Thassarian n'a jamais perdu une seule guerre.

Les bruits de mailles sonnèrent à ses oreilles et l'arrachèrent à sa torpeur, Silaril d'Arvanis se présentait devant lui. De tout ses commandants, c'était celui qui l'irritait le plus. Toujours à questionner ses ordres, reprendre ses tords et souligner ses faiblesses, le roi-régent n'eut rencontrer d'elfe plus venimeux que celui-ci. Déjà à voir sa fresque bourrue et son regard haineux, il n'y eut que la droiture de sa position qui lui rappellait qu'il était un de ses soldats et non un parent toxique.

«Régiment 89, répondant à l'appel du responsable Vélénor.»


Il n'y manquait jamais, aucun roi-régent ou votre altesse, toujours afin de lui rappeller sa sous-traitance.

«Bien bien, montrez-moi donc ces soldats que vous soupçonnez être des espions. Qu'avez-vous en tête pour leur punition?»

«Ils formeront la lance d'Aran, je l'ai ai plaçé au front, si l'un d'entre-eux est un espion, vous n'aurez plus à vous en soucier dès demain.»

«Je désire les rencontrer.»

«Quel intérêt y a t-il a rencontrer des hommes morts? Je ne mobiliserai pas des soldats pour rien.»

«Vous vous méprenez, gardien, ce n'est pas une demande; c'est un ordre


Soudant ses machoires ensemble, le gwaith tirith opina pour ensuite ramener les quatre fautifs. Entre-temps, Mineron fit son entrée, désireux de rencontrer les troupes. Il salua le roi-régent avec candeur, son regard bienveillant se reposa sur les soldats formant maintenant un rang.

«Les soldats Vala, Telladil et Turanil.»


Thassarian demeura muet, il toisa les quatre éladrins avec un regard austère. Mineron fronça les sourcils puis fit les cents pas autours d'eux tout en les inspectant un à un. Durant ce silence, Numina oeilla Xavian, Illivan soupçonnait Erenos qui lui dirigeait un regard accusateur sur l'amant de sa soeur. Un soupire vint aux lèvres du noble éladrin puis il dirigea un regard concerné vers le roi-régent.

«Ces gens ne sont pas des espions, ils sont tous trop démonstratif de leur émotions, s'ils voulaient cacher quoique ce soit, je le saurais avec un simple regard. Tenez, par exemple : La cadette Turanil est amoureuse du soldat Vala, ce qui pose problème à l'ainé qui est trop préoccupé par ce que fait sa soeur pour remarquer les ressentiments évident du soldat Telladil à son égard. Curieux, cependant, de voir que tous ces tumultes encerclant l'enseigne Vala n'ait pas distrait ce dernier de son but premier quel qu'il soit. Néanmoins, tout cela m'amène à me questionner sur votre jugement et votre pouvoir d'observation gardien d'Arvanis, ou est-ce les motivations externes qui se cache derrière ces yeux haineux qui vous pousse à ces odieux subterfuges?»


«Comment osez-vous prétendre que mes intentions sont autres que l'intérêt de cette grande nation? Vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez.»

«Vous avez raison je n'ai aucune preuves mais je vous aurai à l'oeil Silaril. Ce n'est pas la première fois que vos soldats payent pour votre hargne.»

«J'en ai assez entendu; Mineron votre talent et jugement ont été entendu et considéré mais je ferai mes propres conclusions. Emenez le soldat Vala.»

Les yeux du concernés furent imprimés d'un amalgame d'incompréhension et de terreur. Il ne pu s'empêcher d'hurler:

«Je suis innocent ! c'est de la folie !»

Puis il dirigea son regard vers Silaril qui fit l'interdit, ne déversant sur lui qu'un regard glacial. Désespéré, c'est Numina qu'il croisa ultimement. Tout bruit avait cessés autours de lui et la dernière vision qu'il eut avant d'être tiré de force hors de la pièce fut de sa bien-aimée se débattant, hurlant et frappant Illivan qui tentait de la maîtriser.

«Vous pouvez procéder à l'inspection du reste des soldats du régiment, Mineron.»

Le sourire magnanime du concerné fut ressucité alors qu'il se rendit dehors, là ou l'entièreté du régiment 89 l'attendait. Les Min'illidis avait la réputation de posséder une grande intelligence, nul doutes que c'eut aidé leur ascension à la noblesse lors de leur exode vers Menoch. Sa mémoire phénoménale lui permettait de se rappeller des noms de chacun: entre autres, les danseurs de lames Thallia et Inelwe, deux cousins à la chevelure de feu. L'albinos passa par les soldats Nimaen, Finar et Toril tous de fervent épéistes. Les arcaniste Atar et Lorelle, l'un préférant les sort de feu et l'autre de glace. Les sous-gardienne Atielle et Siris, deux fière paladins d'Apolith. Notant l'orable Faen et les tireur d'elite Taryë, Valië et Lumion, Mineron n'oublia guère les deux pisteur Othaën et Loraën qui ouvriront la marche accompagné de leur faucon Vigil et Flèche. Sous le regard austère de Silaril, le noble eut tôt fait de passer au peigne fin le reste du bataillon qui comptait encore beaucoup d'elfes prêt à se battre pour leur indépendance.

*


Était-ce l'après-midi? le soir? le matin du lendemain? Aucun de ces choix ne furent perceptible pour Xavian qui, assis en tailleur dans son coin sombre du cachot, macérait dans l'amertume. Il ruminait; pourquoi avait-il été si injustement accusé ? Et dans quel but? Qui l'avait ainsi cuisiné ? Il n'avait rien d'un soldat extraordinaire, certes c'était un excellent épéiste mais à lui seul, l'éladrin n'avait rien d'une menace. Un espion... quel concept malfondé pour un elfe.

«La guerre c'est à l'ennemi qu'il faut l'amener, pas chez soi ...»

«Et si l'ennemi est chez toi?»

Son minois effarouché fit volte-face et se leva avec une spontaneité furibonde. Ses mains serrèrent les barreaux si fort que le blanc de sa blanche peau fut plus blanc que blanc. C'eut été la dualité de ses yeux qui tentèrent en vain de percer à jour l'identité de l'homme couvert.

«Qui êtes-vous...?»

À rabattre son capuchon sur ses épaules, le grand elfe le toisa de son regard argenté.

«Votre... altesse?»

«Il y a bel et bien un ennemi chez nous, Xavian. J'espère que cette supercherie saura m'être pardonnée et tu dois comprendre qu'aucun autre choix ne m'eut été offert; un tel risque aurait pu m'être fatal. Je n'ai pas le temps de tout te raconter, simplement de te dire que tu seras réintégré à la cohorte sous mes ordres et avec le pardon du roi. Je t'ai amené ici afin de te donner un objet d'une grande puissance: le parangon de l'éternité: cette gemme appartient aux Vélénor depuis des millénaires et maintenant, il tombe entre tes mains. Depuis notre débarquement sur ces terres, le roi de Menoch n'a cessé de parler de cet artéfact. J'ai des raisons suffisantes de croire que la prise de la baie serait une parfaite opportunité pour l'un de ses agents de s'en emparer. Il s'agit d'un fragment du voile, te permettant de façonner l'énergie de tes émotions afin d'accomplir ton absolue volonté. Ce que j'ai vu aujourd'hui m'a convaincu: en ta possession cet artéfact nous permettera de gagner cette conquête. Personne ne se doutera que le grand Thassarian a placé sa foi dans un simple soldat. N'oublie jamais l'importance de ce moment: Cette guerre est la nôtre.»

Lorsqu'il eut accueillit la pierre dans sa main, le scintillant halo qu'il emprisonnait s'estompa aussitôt, lui donnant l'allure d'un vulgaire caillou. Devant un aussi grand honneur, sa confiance en ses moyens suivit la même régression.

«Votre altesse, je....»

«Cette pierre fera de toi un héro. N'est-ce pas ce que tu désires le plus chèrement au monde?»

Relevant le minois vers le roi-régent, ses yeux vairons s'écarquillèrent et une curiosité affamée surgit de ces dernier.

«Comment vous....!?»

Thassarian Vélénor tourna le dos à l'éladrin et s'encapuchonna, son sourire trouva le coin de ses lèvres comme il trouva le chemin de la sortie. C'est entre celles-ci que la douce mélodie de sa voix retentit:

«Ça en prend un pour en reconnaître un autre.»

À mesure que les ombres dévorait l'ancienne puissance elfique, les murs répétèrent l'écho de ses paroles.


«À travers la fumée et les flammes, Xavian.»

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Xavian Vala, Éladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Mar 22 Mar - 3:39

L'An 123


Le déploiement


«Le voile est aussi mystérieux que notre mère; agissant comme guide à tous, d'autant plus miséricordieuse que sacrificielle, elle se donne entièrement à ses enfants en espérant qu'ils feront preuve de force ainsi que de sagesse avec ses offrandes sacrées. Et de même, si le fils rejoint de sombres recoins, entre guerre et meurtre, aucun démons s'y camouflant n'aura de répercutions plus destructrice que l'amour inconditionnel d'une mère protégeant son enfant.»


- Xavian Vala



«C'est ... à voir qu'ils allaient ainsi brutalement t'éxécuter, j'ai... je suis devenu incontrôlable.»

Les yeux larmoyant de Numina s'élevaient afin de lire ceux de Xavian. Ses bras reposèrent délicatement sur ses épaules, ses mains se rejoignant à la nuque du guerrier.

«Je... j'ai su que ce que je ressent pour toi m'est plus important que tout cela, que cette guerre et que toutes les promesses du roi.»


«C'est une raison de plus pour émerger victorieux, meleth.»

L'éclat de son sourire à elle était une réflèxion même de son amour pour lui, il reconnut au fond de son regard les étoiles dérobées de la nuit précédente, celle où ils s'embrassèrent pour la première fois.

Doucereuse et gracile, ses lèvres effacèrent graduellement cette distance entre celles de son amant et bientôt ils partagèrent un long et tendre baiser. À la promptitude de celui-ci, l'elfe aux cheveux chatain souffla:

«Ne devrions-nous pas attendre notre union avant ...?»


Il serra la svelte taille de Numina contre lui, la légèreté de sa robe de nuit n'offrit que peu de résistance au touché impudique de l'éladrin qui s'abandonnait à ses instincts. Ressentir les caresses à sa taille, à ses seins et à son cou fit fondre la jeune femme qui exhuma cette chaleur du bout de ses lippes. Elle s'offrit bientôt à la mélodie charnelle de l'elfe au cheveux de jais qui pesait chaque note à chaque baiser qui descendit le long de son encolure.

«Dit, tu me laisses dire aurevoir à ma soeur avant de la dévorer en entier?»

Les yeux paupillant et les joues rougies, sa jumelle expira une faible plainte puis referma brusquement sa robe de nuit. Elle peinait à reprendre sa contenance alors que Xavian lui, se râcla la gorge comme si le tout allait expier le malaise logé au fond de son estomac. Lorsqu'elle repris finalement le contrôle, il reconnu aussitôt là la femme qu'elle était.

«Tu aurais pu cogner espèce de lourdeau!! Allez, viens ici, la prochaine fois je te rôtirai comme une vulgaire volaille!»

L'ouragan Turanil emporta aussitôt Erenos, laissant Xavian seul avec pour unique vêtement, ses sombres braies. Il s'assied aussitôt sur le lit, se libérant d'un soupire profond. Passant ses mains dans sa chevelure, il eut un second regard sur la pièce. De l'argenterie, des tableaux ainsi qu'un long tapis écarlate qui couvrait le sol, décoraient de façon ostentatoire la chambre d'un simple soldat. En eaux calme, les arcaniste gardaient le cap à l'aide des mur de vent qu'ils créaient et soutenaient autours du vaisseau. Au mieux, ils avaient un contrôle sommaire sur la température et empêchaient la chaleur d'épouser le froid, tuant toutes chances de tempête. Le voile était si imprévisible cependant et le contrôle de celui-ci pouvait glisser plus vite entre leur doigts que Numina ne l'eut fait entre les siens.

Il se remémora cette nuit tragique où ses parents avaient sombrés dans les eaux meurtrière de l'océan et que d'on ne sait d'où lui sortit cette force, Nala su lui tenir la main si fort qu'il ne partagea pas le sort de ceux-ci.

Il soupira derechef, chassant ce cauchemard de sa mémoire aussi vite qu'il fut venu. Demain, il se devait de demeurer concentrer sur ce qui se passera demain. Entre ses doigts se tenait le parangon encore dévêtut de sa beauté, de son éclat. Relevant le visage, Xavian ne comprenait pas, entre ses mains la pierre sembla avoir été sapé de tout ses pouvoirs et lorsqu'il se remémora les mots de Thassarian, la confusion revint à la charge. Il n'était clairement pas un Vélénor, alors pourquoi le lui avoir confié s'il ne pouvait l'utiliser? Seulement n'était-ce qu'une métaphore pour souligner que dans le secret, il évitait sa capture, l'empêchant de tomber entre de mauvaises mains. Il se convaint qu'ultimement, son altesse lui avait confié cette mission et Apolith en fut témoin, il était de son devoir de l'honorer.

Ses doigts se tempérèrent dans le bol d'eau sur sa table de chevet puis il tua la flamme de la chandelle du bout de son pouce et de son index. L'obscurité l'enveloppa et curieusement, il s'y sentit bien pour la première fois; son calme manteau rafraîchit lentement son épiderme dénudé et bientôt ses yeux furent clos. Cependant, avant même de tomber dans les bras du sommeil. deux mains chaude et fugace vinrent raviver une flamme qu'il croyait bien avoir éteinte. Bientôt, ce fut deux lèvres charnue qui murmurèrent à sa peau.

«Alors, où en étions-nous?»

«Ne devrions nous pas attendre notre union ...?»


Répondit-il à la morsure légère de sa lèvre inférieure, son sourire concupiscent encourageait la jeune femme qui serpentait déjà ses braies avec une lascive agilité.

«Au diable l'union, cette nuit est peut-être notre dernière.»

*


Ils formèrent un rempart scintillant, Silaril aux avant et à gauche, Atielle puis à droite Siris, leur boucliers gardant les flancs du gardien. Le débarquement se déroula dans l'ordre et le silence et bientôt l'immense gallion elfique fut évidé de tout combattants. L'étendue verdâtre donnèrent une vision clair au gardien qui avait ordonné à Othaën et Loraën de prendre suffisamment de distance afin d'éclairer la voie et les prévenir du danger.


La formation ordonnée par d'Arvanis fut celle de la lance d'Aran, les sous-gardiennes, les épéistes ainsi que les danseurs de lames s'étirèrent horizontalement et terminèrent en diagonales de chaque côtés alors que les arcanistes, les soigneurs et les archers formèrent deux lignes droites verticale derrière. C'est à ce moment que Silaril se tourna vers son régiment puis gonfla ses poumons, érigé dans toute la grandeur qu'il dégageait.

«Éladrins ! Vos destins, notre destin est scellé en lettres de feu aujourd'hui. Nous marquerons l'histoire à jamais ici et maintenant; qu'il soit dit: vous serez les premier à fouler le sol de cette cité, notre cité! Vos rêves, vos aspirations et votre souffrance vous ont menés jusqu'ici, à ce moment précis. Certain d'entre-vous combatteront jusqu'à ce que leur voix s'éteignent, jusqu'à ce que leur pas fassent défaut et que leur vision s'embrouille ... mais pas aujourd'hui ! Aujourd'hui, nous ne cèdons rien, cette guerre est la nôtre!

Aglar bel eledhrim !

Les rugissements du bataillon résonnèrent à travers l'étendue émeraude et les vents portèrent l'écho des coeurs ravivées comme si les éléments eux-même chantaient leur louanges.

Xavian et Illivan levèrent leur poing, souriant l'un à l'autre, ils s'entendirent silencieusement: aujourd'hui ne serait pas leur dernier. L'elfe au cheveux de jais cerna Numina qui siègeait dans les rangs du manche puis son sourire lui fut étincellant. Lorsqu'ils virent Flèche et Vigil survoler le régiment, ils amorçèrent une longue marche à travers le fjord pour terminer leur course à la lisière d'une forêt surprenement bien pourvue.


Vala chuchotta vers Illivan, les sourcils soudainement fronçés.

«Étrange ... on nous avait dit qu'ils brûlaient le bois des forêts afin d'alimenter leur immense forge. Ces arbres ... sont ancients, je peux les entendre chanter et communiquer les uns avec les autres. Ils sont en paix!»

À mesure qu'ils s'enfoncèrent dans les bois, les éladrins ne purent admirer la beauté des arbres et le chant des oiseaux; ils étaient aux aguets, la discipline les avait ainsi forgés. Les chuchottements reprirent de plus bel:

«Qu'est-ce qu'il y a encore Xavian?»

«J'ai un mauvais présentiment, comme si nous allions faire quelques choses d'irréparable...»


«Le doute taille plus profondément que la lame, rappelle toi. Aller ce n'est qu'une mauvaise pensée: secoue la!»

Une main fut levée à ce moment précis; c'était Silaril, il avait ordonné une halte silencieuse. Un courseur arrivait à la charge et à se rapprocher tous reconnurent Othaën.

«Les arbres..... ! Ils sont dans les arbres!»


Les ronces, buissons et branches s'élevèrent contre eux alors que de grande brutes à l'épais camouflage sonnèrent le cor des hostilités. Ils étaient nombreux et en un éclair, se catapultèrent sur eux. Se situant à la pointe de son côté, Xavian reçu le corps d'un colosse à la blonde barbe sur lui, la charge de celui-ci fut si violente qu'elle le projetta au sol. Son arme encore dans son étuit, il ne leva que ses mains en guise de défense devant la lourde hache de bataille qui tombait sur lui.

«Vas Ort Flam - Vas Flam»

Un projectile rugissant et une explosion dissonante déracinèrent le colosse et l'envoya s'écraser contre un arbre plus loin. Le corps fracassé du blond s'embrasa voracement et ses hurlements décontenançèrent Vala qui fut témoin de sa fin, son visage d'horreur saisit aussitôt la provenance du sortilège.

Numina avait les mains crispées vers lui, encore fumante de ses deux sortilèges en consécution.


Xavian rapiéça ses esprits et dégaina aussitôt son nodachi, une grande lame fine et incurvée qu'il tint à deux mains. Cernant rapidement les évènements à la ronde, il aperçu Illivan, ses lames runiques en main, aux prise avec trois barbes-longues qui eux brandissaient deux haches encore plus longues. Sans réfléchir, il s'élança aussitôt à son aide et initia l'un d'eux à la dérobée. À mesure que sa course dévorait la distance, les chants d'Inelwe et de Thallia s'élevèrent de plus en plus haut jusqu'à atteindre son coeur. Sa lame devint alors plus légère qu'une plume et ses jambes se mouvèrent avec une telle vélocité que les ronces à ses pieds s'embrasèrent et lui cédèrent le chemin.

Les deux brutes virent leur compagnon sectionné net, ses entrailles dégorgeant aussitôt de ses jambes qui titubèrent jusqu'à leur chute flaccide.

À voir leur compagnon ainsi tronqué, une rage dévastatrice s'empara des nordique et, hurlant vengeance, se ruèrent à l'unisson sur Xavian. Il en fut paralysé, n'étaient-ils pas sensés être des dégénérés aux tendances fratricide? Illivan vola au secours de son ami, lui aussi, avec la musique au coeur, fondit sur le deuxième sauvage et en un éclair, l'abattit comme on le ferait d'un chêne. Deux flèches ralentirent le dernier géant, allumant l'opportunité à l'enseigne qui décapita le barbare séance-tenante. Ses iris vairons coincidèrent avec les rivières troubles d'Erenos qui traça un sourire forcé, arc bandé, lui tournant finalement le dos afin de se tourner vers d'autres cibles.

L'embuscade avait été si bien orchestrée qu'une brèche dans la formation des soldats avait été créer, laissant l'un des berserkers, garnit de flèches, libre de hacher menu deux des soigneurs qui n'eurent aucune défenses devant cet ouragan porteur de haches. Lorsque Nimaen, Finar et Toril regagnèrent le manche de la lance, ils passèrent l'immense guerrier à l'épée. Plusieurs n'eurent pas la chance d'être près des danseurs de lame, entres-autres Valië et Lumion qui furent maîtrisés, battus puis sauvagement décapités par leur assaillant. Le pauvre Taryë, témoin de la brutale éxécution de ses compagnons fut sauvé in extremis par Atielle et Lorelle qui, à l'unisson, givrèrent ses attaquants et les fracassèrent comme s'ils ne s'agissait que de vulgaire statues de verre. Le reste fut mis en déroute par l'arcaniste Atar qui s'était aussitôt mis à parrer les assaillant plus loin à l'aide d'épais mur de feu.

L'elfe au cheveux de jais fut saisit au coeur à la vision qui s'offrait à lui.

La forêt dans toute sa splendeur, brûlait et hurlait à l'unisson avec Taryë qui, sous le choc, ne pu irriguer ses larmes et vociférer son désespoir. La sous-gardienne Siris mordait durement sa langue à tenir sa cheville qui présentait maintenant un angle impossible. Personne n'oublira son gémissement lorsque Faen vint la lui replacer. Le trio d'épéiste quant à eux, demeurait en silence, leur tristesse était aussi saline que le sang tachant leur lames et asséchant leur âmes. Seulement la paladine Atielle demeurait calme, occuppée à invoquer les faveurs d'Apolith afin de révéler les hostilités restantes.
Repêchée directement de son sac, la pierre d'éternité reluisit d'une pâle lueur bleuté, reflétant en elle le regard ébahit du jeune elfe. L'empochant, il se dissocia du reste afin d'étudier cette nouvelle curiosité. Xavian cibla un grand frêne sous lequel il fut aussitôt plaqué par Silaril.

«Qu'est-ce que tu caches Vala? Je n'ai jamais vu d'enseigne se mouver plus rapidement sur le champ de bataille et tailler net un pillier de muscles comme celui-là? Impossible. Aller, tu dois avoir une meilleur explication que Thallia et Inelwë.»


Pour une fois, le soldat en eut assez des bottes de son supérieur sur les siennes et rétorqua d'une confiance renouvellée:

«Les cousins sont d'excellent danseurs de lame, leur support est crucial dans le succès de notre mission.»

Le regard venimeux du gardien lui crachait sa hargne, plissant ses iris électrisante à moin de distance qu'il n'en faut pour respirer. Sachant qu'il ne put, à ce moment, châtier le moindre soldat, il abandonna son collet et piétina le sol d'une manière furibonde vers le bataillon.

Erenos, à son retour, tâtait le bras d'un des cadavres ennemi de sa botte.

«Ils sont Eodh. Ils n'ont pas l'air dégénérés ni cannibals, ils sont brutaux et féroce oui, mais quand on y songe... on est sur leur territoire.»


Silaril vociférait des ordres de gauche à droite et lorsqu'il entendit l'elfe tatoué, vint tout de suite le reprendre de façon véhémente.

«Ce sont des sauvages. N'as-tu donc rien vu de leur manière de combattre? Ce sont des lâches, ils savaient qu'au front, ils n'avaient aucune chance contre la puissance elfique.»

Vala savait que c'était un mensonge: sans les chante-lameurs, les guerriers Eodh les auraient mis en pièces. Leur armes était de fer forgés et leur unité.... les deux berserkers qui voulurent venger leur compagnon le hantait encore et nourrissait lentement son angoisse.

Le gardien ne perdit pas de temps et alla interroger Othaën.

«Et Loraën?»

L'éclaireur secoua tristement de la tête.

«Atielle, j'ai besoin de vos soins pour remettre Siris en marche, nous ne pouvons pas nous permettre d'arrêter alors que la nuit tombe, si nous devons attaquer, c'est à ce moment. Notre infravision nous donne un avantage certain sur ces brutes. Faen, j'ai besoin de potions d'allégresse pour calmer Taryë et d'une atelle pour Siris. Thallia et Inelwe, vous gagnerez le manche de la lance d'Aran, les soldats ont besoin de moral. Et...»

«Comment peut-on songer à poursuivre lorsqu'on couve autant de blessés ...? Laissez leur le temps de reprendre leur esprits par pitié...»

«Vous voulez rester ici, enseigne Vala ? Si nous ne bougeons pas, ils enverront d'autres sauvages et vu leur connaissance de ces lieux, nous seront vite encerclés. De plus, vous voyez des soigneurs en une pièce ici ?»
Lorsqu'il lui tourna le dos afin de reprendre la pointe de l'épieu, ils n'eurent aucun sourire ni rire complice; Silaril avait raison.

Le bataillon sortit des bois et après quelques heures de marche arrivèrent à un village fortifié où une rangée d'Eodh les attendaient de pied ferme. Leur chef de clan figurait même parmis eux, son destrier le rendait encore plus grand qu'il ne l'était. À leur arrivé devant, son épaisse barbe rousse leur fut saillante, son absence de moustache le différenciait des autres. Il portait un collier dentelés et d'épaisse fourrure d'ours sur ses épaules. Lorsqu'il descendit et s'avança, nul doutes siégea dans l'esprit de Xavian; ces hommes étaient respectueux de la nature et fier de leur héritage guerrier, ils ne faisaient que protéger leur terre des assaillants. Aux apparences, il voulait traiter avec eux.

Et puis il entendit Silaril tonner de sa voix tonitruante:

«ARCHERS, à mon commandement
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MessageSujet: Re: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Lun 2 Jan - 5:18

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L'an 123


Au coeur du territoire ennemi


"Être quelqu'un aux yeux du monde n'est rien comparé aux yeux de celle pour qui l'ont est le monde."

Xavian Vala




Citation :


Jour 1


Maudit sois-tu Silaril !

Qu'as-tu donc fait? Sonner l'attaque alors que la diplomatie aurait su désamorçer cette folie? Ce journal sera témoin de ma peine et de ma haine, seules armes m'ayant été laissées par mes géoliers. Hécatombe; leur guerriers, camouflés si aisément derrière la faible densité forestière aux abords du village fortifié nous encerclèrent et ce fut terminé. Mensonges ! Silaril nous a menti. Leurs armes, leur tactiques, leur prudence; ce ne sont pas des sauvages mais une tribu ancienne qui cultive la guerre depuis plus de temps qu'on ne peut le compter.



Je nous sortirai de là; je reviendrai un héro et l'ont chantera mes louanges.

Il ne reste plus que Taryë, Atar l'arcaniste, Siris la sous-gardienne, Nimaen, Finar ,Toril, Illivan, Numina et moi-même. J'oubliai de mentionner Silaril, le mépris infecte mes doigts à silonner ces pages avec ce fourbe, ce traître. Il clame encore qu'il n'a fait que son devoir envers l'unité, que c'était le prix de la gloire et que rien n'est accomplit avec la vérité.





Citation :


Jour 2


Ils respectent la force par dessus tout; c'est la raison pour laquelle certains d'entre-nous respirent encore.

Alors que nos compagnons mourraient autours de nous, Illivan et moi-même restèrent dos-à-dos à travers la fumée et les flammes. Nous n'étions qu'un: deux lames affixées l'une à l'autre valsant en une direction de la mort. Quand nous fûmes enfin séparés, fendant l'air pour garder nos assaillants respectif à distance, je fut supplanté par un colosse à la barbe rousse. Nul autres que Fjarn la Hache qui était, j'ai appris aujourd'hui, le Jarl qui chevaucha vers nous plus tôt avec la paix comme bannière. Plus rapide que j'eus anticipé, c'est la vélocité de ses hachettes qui m'eut désarçonné. Intimidé devant un tel guerrier, je demeurai défensif et ainsi, à tout parer, parvenu t-il à me désarmer puis à m'envoyer embrasser le sol. Illivan balança ses lames runiques, appellant silencieusement à l'armistice, sauvant mon crâne d'être fendu comme une vulgaire pastèque.

Un héro, c'est ce que je serai et nous reviendrons avec notre gloire


Nous voilà maintenant dans une cage de bois, profondément gravée d'étranges runes situé au coeur même du village alors que nous voilà exposés, frigorifiés et affamés. Les jumeaux furent séparés dans la bataille, Erenos déserta, clamant ne pas vouloir mourir pour cette folie. Quel couard... ce n'est là l'attitude d'un héro. Je peux sentir la trahison qui tenaille Numina, la nuit, lorsque nous partageons la chaleur de nos corps. Elle est de plus en plus distante, j'ai l'impression qu'elle m'en veut d'avoir émis ce verdict.
Taryë n'a pas survécu la nuit, ses lèvres bleutées accusèrent le froid mais tous, en silence, blamèrent la perte de ses companions qui furent plus beaucoup plus dur sur l'âme d'un elfe qu'on ne peut l'imaginer.




Citation :


Jour 6


Nous ne revîmes jamais les épéistes Finar, Toril et Nimaen. Ils furent drappés de pâles toges et conduit je ne sais où. Atar suggère qu'il s'agit de sacrifice mais je préfère ne pas le croire. Silaril deviens de plus en plus morose, son étincelle est éteinte, j'ai l'impression qu'on se tourne vers moi pour prendre les décisions maintenant. Je ressent peu à peu le poid de l'inaction mais pourquoi m'avoir choisit moi? Siris est muette depuis la perte d'Atielle et Faen. À l'unisson, ils réussirent à protéger l'infirme mais succombèrent ultimement à leur blessures. Elle pouvait à peine marcher avec son atelle et je sais que son silence est le manteau de la culpabilité.


Des héros c'est ce que nous seront et leur mort n'aura été en vain.

Plusieurs Eodh nous rendîmes visite au cours des dernier jours, certain pour nous lancer des insultes dans un dialecte qui m'est inconnu et d'autres pour nous porter respect. Mes compagnons leur envoie leur hargne mais eux n'en semble que peu troublés. Un vieillard à l'interminable barbe me pris pour l'avatar d'Hel, une deité majeure dans leur panthéon. Par peur, peut-être, de mettre cette divinité en colère, le vieillard me renseigna donc, dans un commun brisé, sur leur tribu, les "Rune-haches" . Ils vouent un culte particulier à Hel pour qui la mort n'est qu'une continuité de la vie. La tribu croit que lorsqu'un guerrier honorable périt, il voit s'ouvrir devant lui les grandes portes du Valhöll; un palais où festoyent les héros et les dieux eux-même. En contre-partie, si la mort vient à la suite d'un déshonneur, d'une maladie ou même de vieillesse, il en vient à Hel de récupérer leur âmes. C'est donc par crainte que le culte est voué, les offrandes servant à calmer la divinité et la rendre clémente envers ceux l'ayant rejoint.

La vie n'est pour eux qu'un grand combat dont le but ultime est de mourir dignement.

La réalisation fut sitôt fracassante.

Sommes-nous si différent ?

Je leur demandai à propos de Fjarn et de son ascension; pourquoi choisir un chef dans la fleur de l'âge alors que la sagesse et l'érudition appartiennent aux aînés? L'homme m'expliqua qu'il était trop faible, qu'il échouerait donc à la vieille tradition : celle perpétuée de hache en hache, c'est-à-dire un duel à mort d'homme à homme afin de déterminer qui possède la volonté, l'intellect ainsi que la force de mener le clan.

Le chef ou Jarl des Runes-haches avait le fardeau de protéger un objet sacré, le Mannestein qui signifie "La pierre qui donne du courage".

Je su qu'ils avaient des lois, que leur "Jarl" n'était pas un roi. Quelle étrange façon de gouverner que de diviser ainsi le pouvoir à une collectivité d'individu. Notre sort est donc présentement discuté par une élite composée du Jarl et des marchands et fermiers les plus riches. Ceux-ci sont tous accompagnés d'un esclave pour qui les armes sont proscrit. Tous, incluant femmes et enfants, arborait au moin un sabre, une hache où un poignard.

Nous subsistons de l'eau et la nourriture conjurée par Atar. Ce dernier constate avec angoisse que son lien avec le voile diminue de jour en jour à l'intérieur de cette prison runique.




Citation :


Jour 11


Avons-nous été oublié ? Et qu'est-il arrivé des autres régiments parsemant la baie ? Est-ce la fin? Avons-nous perdu...? Nos vivres s'épuisent.... nous devons notre survie à Siris qui sacrifia sa dernière portion afin de nous la céder. Elle mourru dans la nuit et dans le silence ... jamais je n'oublierai la pâle tristesse de son regard alors que la vie s'exhumait doucement de ses yeux. Numina n'a plus assez de force pour parler, elle a cet infime sourire en me regardant, si fragile ... renforçant en moi la certitude qu'elle lutte contre les ténèbres avec pour seule lumière l'amour que je lui rend.

Un héro, est-ce tout ce qui restera de nous...?

Illivan médite. Ce calme efface progressivement mon angoisse à son sujet puisqu'hier encore je le vit s'abattre furieusement contre les barreaux runique de la prison et ce jusqu'à s'en cramoisir les phalanges. Le confinement lui dérobe de plus en plus la raison. L'elfe préfére la douleur à l'apathie, au moin, se savait-il toujours en vie.




D'une main, il ferma son journal mais ce ne fut pas le bruit des pages se percutant qui éveilla les sens de l'elfe; des pas feutrés, aussi discret furent-ils, le forca à percer la nuit. Les cheminées éteintes, cette dernière ne révélait que les frissons d'une rafale qui ne se plia que sous la silhouette d'un elfe se tenant devant la porte de la géole. Vala se leva en un éclair, serrant les barreaux aussi vigoureusement qu'il s'époumona:

Erenos !


Poignard entre les dents, le déserteur vint à bout du mécanisme, éteignant les runes une par une comme s'ils ne s'agissait que de vulgaires bougies. La porte s'ouvrit donc devant le regard ébahis des captifs. Erenos quant à lui, empoigna sa dague et s'arma d'une grimace irritée, tout cela en évitant de maintenir le regard de l'épéiste aux cheveux de jais:

"J'suis pas venu pour toi, j'viens récupérer ma soeur."


Le culot de cet elfe était légendaire, néanmoins s'ils ne voulaient pas devenir un mythe, il fallait sortir de là. Xavian se dirigea aussitôt vers sa bien-aimée qui, dos à lui, demeurait étendue là où elle s'était préalablement affaissée. Sa main la saisit doucement à l'épaule afin d'ainsi la retourner.

L'elfe constata avec horreur la victoire des ténèbres.

Ses cheveux et son visage sans vie se projettèrent vers l'arrière, la pâle expression de son visage coinça les mots dans la gorge de son amant et creusa ses joues de fin sillons brillant. Contrairement à elle, il ne su pas la sauver, son inaction l'avait tuée, si seulement il eut été plus fort, plus vif d'esprit ... qu'aurait-il pu faire d'autres...? Ils étaient confinés, prisonniers, ses dernier vivres lui furent même cédé et en dépis de tout cela, il eut survécu à elle....

Le destin est bien cruel.


Le silence funeste des survivants exagéra l'éclat de voix de leur sauveur. Ses prunelles assassines avaient en elles la folie meurtrière d'un raz-de-marrée.

"Tu .... TU L'AS TUÉ !"


Accusa t-il en dardant le soldat aux cheveux de nuit d'un doigt héliaste.


La colère et la tristesse explosèrent aussitôt dans le coeur de Xavian, s'injectant dans le poing qui alla bientôt s'échouer sur son visage. Erenos fut aussitôt freiné dans son élan de folie à cette violente pitance qui l'envoya bouder au sol.
Avant de déferler un suivit sur le jumeau, son bras fut cerné par la poigne énervée d'Illivan qui pointait les étoiles.

Les cors Eodh rageait, l'alarme résonnait déjà depuis un bon moment.


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Xavian Vala, Éladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Jeu 5 Jan - 1:03

L'an 123


La conquête


« L'amour et la guerre sont jumeaux: les mondes se bravent, les coeurs se déchirent et la conquête n'amène jamais de réel vainqueur.»

Illivan Telladil



Les conflits se tarirent aussi prestement que les larmes, l'urgence hurlait et rapidement, la compagnie elfique diminuée fut vite encerclée. Les Eodhs étaient nombreux mais ce qui fit vasciller leur espoir de s'échapper était ceux qui gonflait la légion: les femmes et même les enfants se tinrent prêt, armés jusqu'aux dents, à les abattre comme du bétail.

Xavian regarda par dessus son épaule, les siens étaient vaincus; si ce n'était du visage émacié d'Atar, c'était la présence fautive de leur leader, le gardien Silaril. L'elfe à la maille scintillante gisait toujours au fond de la cage béante, brisé; ses yeux préférant ses bottes au guêpier qui les ceinturaient. Même Illivan avait la mine rompue et jamais son dos n'eut-elle été aussi voutée. Seul Erenos était armé, atteint d'une fièvre homicide, prêt à en tailler le plus possible avant d'y céder la vie.

Sentiment que Vala partageait.

«Est-ce ainsi notre fin..? Non ...»

Son sang fulmina, face à l'ultime fatalité, tenaillé d'un sentiment puissant d'impuissance. À flairer toutes alternatives à ce guet-apens, il aperçu un modique éclat, perçant à travers la poche de son ceinturon. Vala repêcha la pierre de ses doigts empressés et l'amena à ses iris discordante; elle chatoyait d'un halo rouge violaçé

«Cette pierre fera de toi un héro. N'est-ce pas ce que tu désires le plus chèrement au monde?»

Faute d'y réfléchir plus profondément, l'enseigne fixa le sol et ce sont les ténèbres qui voilèrent ses intentions.

«Numina.... je suis désolé, il faudra patienter encore un peu.»



Sa main enserra la pierre qui répondit immédiatement à sa fureur, déchargeant une lame composée d'énergie pure, aussi monstrueuse et déchainée que sa colère.

Ébahis, les premier Eodh levèrent leur main en guise de défense mais la coupe circulaire n'épagna personne, ils furent sectionnés net, absent d'effusion, immédiatement cauterisés par la force destructrice de l'interminable lame pourpre. Ses compagnons furent aussitôt frappés par cette démonstration de puissance et leur coeurs battirent pour un second souffle, déracinant même Silaril de ses tourments.

«Le .... la pierre d'éternité...!»

Impressioné mais pas moin dupe de leur l'avantage, le clan entier des Runes-haches firent avalanche, après tout, n'y eut-il pas mieux qu'une mort dans les sillons enflammés de la gloire?

Littéralement.


Illivan receptionna la charge à l'amiable; une esquive couplée d'une frappe solide à l'estomac, l'elfe aux mires violaçées désarma son premier adversaire puis enterra son propre sabre en ses viscères. Silaril d'Arvanis fut accusé d'innombrables fautes mais resta t-il tout de même un gardien, c'est-à-dire un terrifiant chante-lameur. Ses pas cadençés fusèrent de droite à gauche et en un éclair se retrouva face à l'ennemi, deux lames en mains et le sang de ses adversaires sur sa chemise de mailles.

«In Jux Por Ylem»

Psalmodia l'arcaniste Atar qui hachait menu une dizaine d'Eodhs à l'aide d'autant d'épées animées, dansant au son de sa voix comme d'innombrables vipères acérées.

La bataille tempêta furieusement, voilant l'absence, une fois de plus, d'Erenos Turanil.

Illivan pantelait tout en enjambant la légion de cadavres qui suivit Xavian à la trace, au loin, qui se noyait dans l'armée comme s'il n'avait plus rien à perdre. Jamais n'eut-il été témoin d'une aussi vaste destruction; à chaque arc que l'elfe traçait, les membres volèrent et les têtes fusèrent. Rien ne sevrait le soldat de cette haine qui rugissait à chaque moulinet de son épée dissonante.

Les Eodhs hurlèrent au Vallhöl et s'élançèrent à corps perdu sur ce qui restait du régiment 89. Bientôt la mana infusée dans les lames d'Atar faiblirent et disparurent, l'arcaniste souffla pour la dernière fois et se résigna à son sort lorsqu'une cohorte mugissante fondit sur lui, couvrant l'elfe de coups de haches.

Pendant ce temps Vala poursuivit son canvas funeste, peinturant à l'encre rouge des familles complètes, terrassant femmes, enfants et guerrier avec la pitié d'une bête affamée. L'ivresse meurtrière domina l'elfe à un point tel qu'il oublia son état; entailles, balafres contusion et mutilation tatouèrent son corps et son visage. Sa résolution crépitait entre ses doigts et il n'abdiquera que lorsque le dénombrement fut suffisant.

Jusqu'au dernier.


Fjarn fit son apparition, bousculant ses comparses afin d'avoir sa juste part glorieuse; tuant la distance restante, il fut bien vite sur Silaril et Illivan.

Deux haches gourmande se ruèrent sur le gardien, fendirent l'air devant les mouvements fluide de d'Arvanis et lui permit d'apercevoir le Mannestein sertit dans l'une d'elle.

Il souffla sa lassitude comme s'il s'agissait là de la fin pour lui.

«La voilà donc l'autre pierre d'éternité »

Illivan fronça les sourcils devant les dires du gardien alors qu'il envoya son sabre s'échouer contre les haches de leur assaillant. Les dires de Silaril lui donnèrent la désagréable sensation que quelques chose ne tournait pas rond.

«Que... ils existent ...? Tu veux dire que....? Non!» dit-il alors qu'il se séparait du géant sous les étincelles de ses parrades.

Silaril soupira derechef, cette fois il donna l'impression de se libérer d'un fardeau. Lorsqu'il se tourna vers lui, ses traits dur furent trahit par la triste brèche dans l'acier de ses prunelles.

«La pierre est la réelle raison pourquoi nous attaquons ce village, soldat.»

Le grand elfe le foudroya aussitôt du regard, s'il fut ébahit par l'aveux, ce ne fut que quelques secondes.
Il passa sa frustration sur le colosse roux et réussi à lui taillader la cuisse puis le visage, le forçant à reculer en grognant.
Le chante-lameur d'Arvanis passa derrière leur ennemi commun puis avoua:

«Si Thassarian a su charmer notre ancienne nation, ce n'est pas avec une cité qu'il aura convaincu un Min'illidis de se séparer de sa fortune. Je ne sais ce qu'il lui a promit, mais la seule raison pourquoi il y a présence d'une pierre, c'est pour aller en saisir une autre.»

«Alors pourquoi nous avoir mené à la mort si tu savais..?»


Fjarn perdit patience, sa hache prit une teinte bleuté puis se chargea d'éclair, désarma Illivan de sa jumelle puis s'enfonça dans sa clavicule, dévorant tout sur son passage. Telladil tomba à genou, vaincu murmurant: «Nala ... »

Devant la mort de son dernier soldat; le gardien laissa tomber ses lames puis ferma les yeux, sa voix témoignait de son échec.

«Le refus ferait de nous des déserteurs, Illivan. Tu connais la punition attribuée à un tel déshonneur. Pourquoi ai-je sonné l'attaque malgré tout? Pour sauver la vie de mes soldats.»

Puis d'un simple coup circulaire, Fjarn la hache décapita le gardien d'Arvanis. Son corps sans tête s'abandonna mollement au pieds de Xavian qui, ensanglanté, peinait à les rejoindre.

La douleur envahit sa poitrine, ses amis, Numina .... et maintenant Illivan...? Il hurlait, non pas de voix, mais à l'intérieur de lui. La tourmente était trop grande, quelques chose dans son esprit, dans son âme voulu le protéger, par nécessité devant la gravité de la situation.

La haine soumit un harnais, une fois de plus, à sa peine et emplit chacunes de ses terminaisons nerveuses, remontant de son coeur jusqu'à sa gorge. Si bien qu'elle transparaissait aux traits déformés qu'il arborait, mêlées aux milles cicatrices qui peinturait son visage de teintes cramoisies.

Pour Fjarn, ce visage symbolisait la fin de son clan, même s'il enterrait sa hache dans ce crâne; il resterait tout de même et à jamais le Jarl des ruines. Le seul point commun des deux hommes fut le calme mortel dont ils firent preuve, prêt à l'éxécution mutuelle.

Et ils s'élancèrent, leur échanges virvolletaient, libérant une lourde décharge d'énergie après chacun d'entre-eux. Le colosse possédait la force, la taille et la vélocité insufflée par la pierre d'éternité contrairement à Xavian qui ne possédait que la dernière. L'elfe fut vite ensevelit de coups, rappel amer de leur première rencontre.

«La meilleure défense, Xavian, c'est l'attaque.»

Les mots de son ami résonnèrent dans sa tête, l'elfe se devait de briser le rythme du colosse, de prendre le risque d'être blessé afin de lui dérober le momentum. Il choisit donc le moment propice: alors que son adversaire chargeait à toute allure, l'agile enseigne passa rapidement sous les haches puis pour taillader ses chevilles. Fjarn renchérit et mit la totalité de son poid sur un pivot qui vint atteindre Xavian au visage. La blessure lui infligea une terrible décharge électrique et le garda paralysé au sol.

Quelle défaite amère, pas moin de deux reprises avait-il été vaincu par l'Eodh et cette fois ... c'était la dernière.

Avant même que le coup de grace ne soit porté, le Jarl vociféra une soudaine douleur alors qu'un poignard venait de mordre son épine dorsale. Derrière lui se tenait Erenos, tremblant de chacuns de ses membres.

L'enseigne défiguré n'attendit pas son reste et envoya sa lame ensorcellée couper net les deux pieds du colosse, l'égalisant ainsi, alors que son visage heurta le sol. Mutilé et tenaillé d'une agonie démencielle, le grand roux ne perdit pas de temps et rampa dangereusement vers l'elfe.

Le regard de Xavian trouva celui d'Erenos et à sonder le roublard, inhala lentement puis hocha doucement vers lui.

Le jumeau Turanil ne demanda son reste alors qu'il se catapulta sur l'Eodh amputé. Xavian ne su pas combien de coup de poignards servit à abattre le dernier des Runes-haches mais il sait qu'il resta afin de ne pas en manquer un seul.


Les deux elfes se regardèrent dans un mutisme mutuel, couvert de sang et de chair, de boue et de sueur. S'ajouta bientôt à cela les larmes et les sanglots, l'injustice et les malédiction lançés au ciel, dans toute la libération procurée par cette futilité. Il n'y eut aucune mention de désertion, de différents, ni de la perte de Numina: le silence fut suffisant afin de consoler les deux survivants.

On ne su jamais combien de temps fut écoulé durant cet armistice.

Seul le bruit des sabots rompirent ce moment de paix qu'ils partagèrent, la cavalerie royale elfique les rejoignirent et laissèrent place au roi Vélénor.

Thassarian foula le sol avec une assurance de fer, son regard d'acier cerna les environs et s'arrêta primordialement sur l'une des haches de Fjarn. D'une main scintillante et sans même l'effort d'une pensée, le roi désertit la pierre d'éternité et la fit voler vers lui. Son regard miroitait une convoitise satisfaite et son sourire fut celui du triomphe. Gagnant les deux survivants, ignorant Erenos, il hissa le poing de Xavian vers le ciel et tonna d'une voix qui résonna à travers l'étendue de toute l'armée elfique.


«La guerre est achevée, nous émergeons victorieux ! Régalez vos yeux devant les lieux de notre prochaine cité; devant le triomphe de ce jeune héro; je la proclame donc: Valacirca.»

Les poings s'unirent dans le ciel et la foule rugit avec la ferveur et l'admiration de dix-milles hommes.
Xavian se tint là, sans joie, devant son rêve accomplit, si hautement estimé par ses pairs, avec le coeur évidé et les mires assombrit.

«Un héro, est-ce réellement ce qu'ils percevoivent ? Que de cicatrices et d'honneurs, gagné en anéantissant la culture d'un peuple, en tuant femmes et enfants, leur volant leur gîte, leur landes, leur richesses. Aucunes gagnées ici ne saura restituer celles qui m'ont été volées»
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Xavian Vala, Éladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Mar 28 Fév - 2:25

L'an 250

D'une noble descente aux enfers aux affres d'un paradis lointain



«Et pourtant, me réveillant en sursaut et me répétant soudain que tu n'est plus, j'ai cette sensation terrible de ne plus exister, que toutes ces années sont tombées en poussière et qu'il ne reste plus rien d'important à vivre d'autre que le souvenir de nous.»

Xavian Vala



127 années s'étaient écoulées depuis la sécurisation de Valacirca. La cité resplendit; l'ordre druidique ainsi que le cercle arcanique joignit leur forces afin de recréer le climat verdoyant des forêts éternelles d'antan. Contrairement à moi, cette force conjointe su chasser le froid et réchauffer le coeur de la baie en changeant sa chanson d'une fragile mélodie à une ode glorieuse. Pour ce qui demeure, des vestiges d'il y a cent ans; plus rien. Disparu sont les arbres nains, la neige et le fjord en entier. En toute simplicité; ses environs ne sont rien de plus qu'une vaste étendue d'autant plus verte qu'engourdissante.

À l'image de Thassarian, nous sommes maintenant noyés dans les conséquences de l'ambition.

Tout cela rendu possible grâce à mon humble personne, aidé bien sûr de la pierre d'éternité; cadeau empoisonné de notre Roi qui, à pondérer la question, a bien réussi son pari. Elle ne m'est plus d'aucune utilité à présent qu'elle ne réagit plus à mes impulsions, comme si, elle aussi, m'eut abandonné. Peut-être est-ce pour cela qu'il n'est pas venu la chercher. Où est-ce parce que ma vie ne vaut plus pour lui, la peine de s'y attarder?

Peu importe, tout cela m'est égal à présent.

De tel changements passe un couperet dans l'écosystème en place, qu'en est-il des espèces de poissons vivant dans les rivières? et des animaux acclimatés depuis des décénnies? de la morphologie du terrain? Sacrifiés; noyés dans un océan de négligeance et de sophistication. Dans tout cela, c'est l'influence humaine qui aura fait le plus de ravages. Nous, les elfes, sommes cet écosystème; tordu et érodé, attendant patiemment, comme de bon vassaux, notre imminente disparition.

Ironique? Bien mérité? peut-être bien. Le fait est; je ne devrais pas médire; notre culture menaçée est batie sur les ruines de l'une d'entre-elles.
Je n'y metterai plus jamais les pied; j'en suis incapable, devrais-je dire puisque sa grandeur évoque en moi le sacrifice qui fut nécessaire à l'étalage de chaque pierre.
Avant même que ses tours ne courtisent le ciel, ma famille s'est vu élévé aux plus grands honneurs, l'Empereur de Menoch lui-même a vu à ce que les Vala baignent dans l'or et la noblesse, nous issant avec eux, parmis les nuages pédant et l'aveuglante robe du soleil.


Je préfère la lune, elle me caractérise tristement davantage; froide, seule et distante. La vérité est que je le désire ainsi; renouer avec l'amitié me brûle, ses liens comme des sillons de feu, de terribles rappel de la souffrances d'une possible perte. Je dois le demander; comment un héro, absent de peur et de reproches, peut-il être devenu un tel couard? J'ai peur, si peur d'être touché et marqué par le soleil que je m'évade avec la solitude des étoiles. Mes seul compagnons sont les chats de goutières, les rats des allées, les chiens errant et même les corbeaux qui encerclent les carcasses laissées à l'abandon, suite aux moult règlements de compte présent dans la basse cité.

Ça et Érénos.

Curieusement, la mort de sa jumelle nous a rapproché, surement est-ce qu'aucune âme en Menoch ne puissent comprendre sa perte aussi bien que moi.
Encore, je ne suis que l'ombre de moi-même, si j'étais, jadis, un meneur de troupes, je n'ai maintenant pour soldat qu'une légion de bouteilles évidées. Ma nouvelle dépendance est notoire, et étrangement respectée, vu mon état évident de vétéran de guerre. Je ne compte plus les bals, soirées et dîners regrettant mon invitation pour cause de grabuges et profanités; d'odieuses conséquences liées à l'abus d'alcool.

Si bien que la court de Menoch me reconnaissent comme le "noble gueux", se moquant efficacement des problèmes qui me suivent et des hideuses cicactrices qui couvrent mon corps. J'écris ces lignes avec la plus grande apathie; aucunes de leur estocade ne me blessera davantage que d'apprendre ma soeur fiançée au maintenant Comte Mineron Min'Illidis. Comment la blamer, la solitude d'une vie de veuve n'est pas pour elle.

Mais pourquoi lui?

Ont dit que la vie d'un elfe est longue parce qu'elle est savourée, contrairement aux humains qui condense leur unique centaine d'années par urgence de vivre. C'est aussi le cas d'une épreuve douloureuse.

Et des cauchemards.

Ils sont si tangible que je me demande parfois si mes rendez-vous aqueux avec les bouteilles de la taverne ne sont pas qu'illusion. Dans les pires d'entres-eux, je dîne en compagnie de Numina et de Nala qui me remercient froidement de ma visite. La première est assied là, devant moi, son sourire gerçé est d'un bleu glacial et ses cheveux ne sont que de longs glaçons, trop lourd pour son cou vouté. Je tente un contact, qu'une caresse à sa joue et elle s'effondre en fracas limpide, nettoyé par la suite d'une Nala venimeuse, farouche défenseur de ma culpabilité. Elle pleure ensuite, ses larmes abondent et abondent ... jusqu'à ce que la pièce entière soient dangereusement submergée. Alors que l'eau me remonte jusqu'au nez, elle étale devant moi mes péchés. Je désire ardemment me défendre, répondre mais je ne peux pas.

Peu importe ce que je dirai, ce ne seras qu'une goutte de plus dans l'océan de sa tristesse.

Dans l'un d'eux, je suis acclamé par mes pairs, si bien que des ailes majestueuse et immaculée jaillissent de mon dos. Un halo scintillant brille au dessus de ma tête et je m'élève haut dans le ciel. Plus je m'élève, plus mon halo redescent, jusqu'à ce qu'il atteingne enfin mon cou et le serre si fort que je suffoque. La manoeuvre m'empêche ainsi de bouger mes ailes et je chute de plus en plus vite sans toutefois atteindre le sol.

Parfois, la scène du diner se répète et Nala me sert la tête de chacuns des membres du régiment 89.



Dans l'ombre procuré par la chandelle essoufflée, Xavian grattait les pages de son journal d'une plume avide. L'endroit était désert, les tables étaient occupées de pintes effondrées et de cartes éparpillées. Les riches fumets et l'écume montante avaient été remplaçés par des effluves âcre d'urine et de pain moite. L'une d'elle n'était pas d'accoutumée, elle était si récurante qu'elle souleva la tête de l'elfe aux cheveux de jais.
De sombres silhouettes s'étaient approchés, emenant avec eux un nuage grisâtre empestant le vieux tabac. Ils semblaient demander une certaine action du noble gueux, ce qui ne résulta qu'en un regard perplexe en leur direction.
Ceci fit perdre le flegme du plus court d'entre-eux.

«Du balai, l'oignon! c'est notre table.»


L'ex-soldat n'eut qu'un regard momentané vers son journal puis le ferma, il n'avait aucune envie de se disputer. Cependant, ses mouvement furent trop allongés pour la patience naine du petit homme. Ses mains pileuse se ressérèrent sur le collet de l'elfe et c'est un face à face avec son nez corpulent qui suivit.

«T'est sourd? T'as b'soin qu'on t'ramasse?»

Les instincts militaire de Vala s'agitèrent et la pierre d'éternité réagit aussitôt, jaillissant de son poing qu'il serrait sous la table.


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Xavian Vala, Éladrin

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MessageSujet: Re: [Clos] Cette guerre est la nôtre   Jeu 8 Juin - 13:27

L'an 250

L'héritage fantôme des sans-visages


«Il n'y a pas de meilleur danseur que celui qui sautille sur de la braise.»

Erenos Turanil



Surpris de voir la pierre encore capable d'une quelquonque sorcellerie, Xavian paralysa de stupeur, son faciès ébahit anéantit ce qui restait de calme chez son litigant. Le poing qui le heurta en plein visage fut le sceau d'eau éclaboussant son hébétude. Cette abrupte rencontre l'envoya tituber peu loin derrière jusqu'au tabouret qui lui servit un efficace croc-en-jambe. Sa chute su amuser son assaillant sans pour autant satisfaire son avarice belliqueuse et bien vite sa botte ceinturée d'un gâteau de crasse trouva point d'appui sur sa tête malmenée.

Tenaillé par une douleur cinglante sous cet étau sordide, ses yeux closirent un moment. Le ressentiment qui pénétra son crâne violenté se muta aussitôt en abattement:

- Vas-y, pulvérise-moi, que je retourne poussière et que je puisse enfin la retrouver...

- Qu'est-ce tu m'dit?

L'avait-il murmuré ? Encore cru t-il simplement l'avoir cogité. Son bourreau lui, préféra cambrer l'échine afin de s'en assurer. Reniflant Xavian avec un injuste dégoût, projettant son immonde fragrance sur l'elfe, lui cracha finalement au visage:

- Ta salope de déesse peux pas t'sauver, ici l'seul dieu c'est moi.

Qui parlait de déesse ? Certes, c'aurait été plausible de le croire bien qu'évidemment, l'elfe en mauvaise posture parlait de sa défunte bien-aimée Numina. En d'autres termes, si métaphorique eurent-ils été, il l'aurait probablement qualifié ainsi. Ce modique fragment de son esprit fut suffisant à le replonger dans cette profonde et rassurante dépression.

Une centaine d'années plus tôt, il l'aurait taillé en pièces simplement pour avoir ainsi qualifié sa défunte moitié. Mais il n'était plus le Xavian d'antan, plutôt qu'une enveloppe charnelle vieillissante, saturée de vin et de cidre. Lorsque le piètre spectacle irrita même l'ennui de ses hommes, l'un d'entre-eux posa la main sur l'épaule de leur chef: et s'exclama sans filtre:


- Kern, on est d'jà en r'tard, faudrais pas faire attendre le Patron.

- Qu'il aille s'faire foutre, j'suis l'second, on partira quand j'dirai qu'on partira.

- T'sais pourquoi t'est l'second hein, parce que l'précédent écoutait pas les ordres. T'voudrais pas finir comme lui, um?


La grimace du second fut claire: il détestait les propos de son subalterne, son ego maudit davantage son jugement sans faille.
Cette voix cependant, cet audace face à l'autorité et cette clarté d'esprit révéla l'épiphanie au noble gueux.

Levant la tête, il confirma son présentiment.

Erenos.

Xavian jura que l'elfe aux mires troubles les eut pointées sur lui mais aussi fugace soit ce regard, jamais n'en fut-il sûr. Sa curiosité ressucitée suivit le petit groupe jusqu'à ce qu'elle s'éteigne - tout comme eux - complètement de sa vue, sans quoi il repris sa vieille conversation, au sol, avec ses deux compagnons: l'apathie et le désespoir.

C'est une serveuse rondelette qui vint l'aider à se relever, non pas qu'il eut besoin de son aide, mais son touché lui rappella qu'il était encore dans cette taverne, sur ce plancher, en cette réalité.

- Tout va m'sieu? Ça va, ils sont partit. Z'avez une sacré veine d'être encore en vie, ces gars là sont d'la Compagnie. Elle dirige tout ici bas, personne échappe à leur couroux ni leur taxes. Leur bras est sacrément long.

Les questions à propos d'Erenos virvoltèrent aussitôt dans sa tête; pourquoi faisait-il partie de ce groupe de bandits? sombrait-il comme lui dans la débauche ou avait-il une motivation cachée?

- M'sieu?

Ses grands yeux écarquillés affixaient l'elfe absorbé et lorsqu'il lui rendit son regard duel, elle cramoisit aussitôt, intimidée par la beauté et la transcendance que dégageait l'être aux cheveux ténébreux.

Il reconnu aussitôt cette façon de le regarder, cet engouement qu'avait les humains, pour lui, celui irrésistible au sexe opposé, associé irrévocablement aux elfes et à leur grandeur.

Béguin, frère-jumeau de l'amour; identique en apparence, trop souvent confondu en substance. songea t-il et ce songe précaire suffit à le replonger dans les tourments permanent de son subconscient. Une profonde lassitude s'expia alors de ses lippes meurtries à mesure que les souvenirs incessants de Numina défilèrent impérieusement en son esprit. Son séant s'échoua donc sur le banc sur lequel il s'était assis précédemment, retrouvant son journal et....

Une note dissimulée sous celui-ci pointa innocemment son nez.

«Rejoint moi dans l'allée derrière lorsque minuit aura sonné.

E. »


*

Une dévorante curiosité consuma ses tourments un à un comme feu le ferait de tout bois. Malgré l'obscurité de la ruelle et l'ôdeur imminente d'une embuscade, Vala fit confiance à son ami et honora l'entente avec sa présence. Ce ne fut pas bien long que l'elfe à la tignasse hirsute se déficella de l'ombre que projettait le lampion, qui lui, montait la garde au centre de l'allée.



Sa mine assombrit imposait le silence mais surtout le sérieux, défrisé, par la suite, uniquement par ce sourire en coin, dessiné sous la lumière de cette enthousiaste retrouvaille.

Une longue étreinte suivit d'une ferme poignée de main salua ainsi le lien entre-eux à jamais pétrifié par la mort de la femme qui jadis les eut distancés.

- Cela doit bien faire un siècle, mon frère, comment te portes-tu?

- Un siècle? Tu sonnes comme si c'tait une longue période. Les affaires vont bien, comme tu peux voir.

La mine de Xavian dévoila une vaste tristesse et comme si Erenos eut deviné sa prochaine question, il répondit sans attendre.

- Bah, t'sais, y a pas d'place ici pour un elfe, encore moin pour le vétéran d'une guerre oubliée. Les humains font tout hâtiv'ment: parler, oublier, mourir ... j'ai des siècles encore à vivre moi et puisqu'On a pas tous reçu une tappe dans l'dos d'la part de l'Empereur, faut s'nourrir quoi.

- Tu aurais pu demander, j'ai plus d'or que je sais quoi en faire, à vrai dire, j'ai honte d'avouer que ces temps-ci, mon compte se vide aussi rapidement que mes bouteilles.

Erenos balaya cette prévisible réponse d'une main agaçée.

- J'ai que faire d'ta charité, Xavian. T'sais ce qui m'a toujours irrité chez toi? cet insatiable besoin d'venir en aide au monde entier, d'être leur sauveur, leur héro. Tu t'sens pas vidé après tout c'temps passé à saigner pour des gens qui n'en on rien à battre de ta peau? R'garde toi, toutes ces balafres r'ssemble, à mes yeux, à une leçon face sur laquelle ça mérite de méditer. Bref, j'suis pas v'nu ici pour t'faire la morale ...

La pause qui s'ensuivit n'atténua en rien la piqure ressentit à la suite de cette réponse. Et, comme si l'elfe aux yeux troubles avait anticipé cette réaction, il poursuivit plus doucement:

- Tu d'vrais nous joindre Xavian, ta réputation d'ivrogne et d'incapable t'précède mais j'sais qu'il n'en est rien. J'connais tes capacités et j'sais qu't'as pas ta place dans la cours de l'Empereur. T'est pas un noble, t'est un guerrier; t'as b'soin de t'battre pour te sentir en vie et c'est c'que j'te propose; de vivre.

Sous la pesanteur d'un long silence, le regard vairon du balafré soutint les mires effervescente de son ami. Il fut finalement brisé d'un secouement définitif de la tête.

- Je ne suis pas un criminel, Erenos.

Un haussement d'épaule caractéristique et un sourire moqueur qu'il lui reconnu aussitôt, Erenos répondit du tac-au-tac:

- Bien sûr que non, t'est un héro ! c'que t'as toujours voulu être et c'qui t'remplit évidemment de joie et de bonheur. Allez, le contraire m'aurait étonné mais j'aurai essayé, tiens.

Un sourire naquis sur le minois de Xavian et ses yeux se plissèrent aussitôt.

- Tu n'est pas venu pour ça, évidemment, alors maintenant pourquoi ne me dit tu pas la vrai raison de ta venue?

- Bon bon, d'accord, mis à part voir si les rumeurs à ton sujet étaient vrai, j'ai une information très importante à t'communiquer: ta soeur, Nala, est en danger.

L'émotion gagna rapidement sa course contre la raison et à ce moment le noble n'avait d'ouie que pour le gueux.

- Le contrat a été ouvert aux membres d'la compagnie, quelqu'un veux envoyer un message au Comte Mineron, un message en lettres de sang.

Plus vite qu'Erenos ne pu l'anticiper, Xavian se jetta sur lui, attrapa son collet et rugit son inquiétude à son visage, l'urgence coinça presque les mots dans sa gorge:

- Où et quand?!

- .... cette nuit, chez elle, au Manoir Min'Illidis, il pourrait être là-bas d'une minute à l'autre.

Et partant en cette direction, la pénombre l'engouffra, laissant Erenos dans un état éffarouché.

*

Maîtrisé par la peur enchaînée à cette troublante nouvelle, Xavian fut aveugle à l'aide procurée par la pierre enfouie dans sa besace. Son insonore mélodie tira l'angoisse, la colère et la culpabilité en son coeur et la canalisa en ses jambes, triplant la célérité lui permettant d'arriver au même moment que l'assassin. L'homme chargé d'ombre et d'attirail se tint devant la porte, statufié de voir quelqu'un se présenter aussi rapidement.

Kern, le second, n'eut d'yeux que pour quelques instant, suffisant pour immortaliser la longue lame lumineuse et limpide qui envoya sa tête dodeliner au sol.



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