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 [BG FERMÉ] Sarasvati Hindi, Princesse des sonorités mystiques.

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Nati

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Date d'inscription : 11/02/2016

MessageSujet: [BG FERMÉ] Sarasvati Hindi, Princesse des sonorités mystiques.   Lun 15 Fév - 6:42

Avant la déchirure du voile

Souvenir


Des visages à foison, des morphologies différentes, des humeurs différentes, du glamour parfois, de la malice de temps en temps,... Un univers coloré, différent, régit par l'imagination, régit par les rêves et les cauchemars de ces êtres de l'autre côté.

Il y a Mizz, mon meilleur ami. Il est effrayant et c'est pour ça que je l'aime autant. Lui, son travail, c'est faire peur aux enfants. Il est "monstre sous le lit". Il est... reptilien, ou quelque chose d'approchant. Il a des araignées sur la tête, elles sont jolies, mais faut pas essayé de les toucher, ces petites saloperies sont sur la défensive et venimeuses avec ça.

Autre point, je me fiche des fées, des autres fées, celles qui exaucent les souhaits, sont tout sourire et sautillent partout. Je ne suis pas de leur famille. Moi, je suis une fée noire. Ma famille se compose de monstres, de banshees, de démons, de sorcières, de poupées hantées,...

Avant que mon monde ne s'estompe et renaisse sous une autre forme, je me sentais chez moi. J'aimais regarder mon père cuisiner, j'aimais quand il était si impatient qu'il mangeait la viande crue en se mettant du sang partout, cela me faisait rire.
Il y avait aussi mes sœurs, on avait fait un groupe de musique. Quand on le pouvait, on allait en représentation dans le subconscient de ces autres si fragiles, si différents de nous. On les poussait à la colère ou à la tristesse. On s’appelait "Les sœurs de la cacophonie". On s'amusait tellement...

Je n'ai pas beaucoup de souvenirs malheureux... Peut-être juste ce jour où j'ai croisé un fé qui n'était pas de ma contrée. Il était intéressant, je le trouvais subtil et élégant mais lui... Lui par contre s'est joué de moi. Cette engeance de traîtrise voulait épouser ma sœur cadette. Autant dire qu'il ne put le faire. J'étais généreuse, je lui offris en plus d'un concerto en scie majeur, un vol gratuit dans les limbes de notre chère forêt obscure.

Tout ça est si loin, tout ça est à effacer, il ne reste plus rien.




Après la déchirure du voile

Recommencement


Je ne me souviens pas de grand chose, je me souviens d'un ressenti. Il faisait froid, j'étais perdue et j'avais l'impression de ne voir autour de moi que des ombres menaçantes. Pas celles de la forêt, pas celles qui nous protégeaient jadis, non, des ombres inconnues et terrifiantes.
Je me souviens d'être tombée, d'avoir sentit la douleur puis plus rien...

Quand j'ai ouvert les yeux, j'ai vu pour la première fois de ma vie une drow, nomination apprise bien plus tard. Je ne savais pas ce qu'elle était mais au moins avait-elle des oreilles en pointe comme les miennes, elle était si grande toutefois... J'étais trop sonnée pour me débattre quand elle me prit entre ses mains et m'amena dans ce qui deviendrait plus tard, ma nouvelle maison.

Au sein de ces femmes fortes, belles et intelligentes, j'appris à parler le drow et le commun. Peu à peu, je me sculptais une forme plus adaptée, plus grande, sans ailes... Certes le noir de ma peau n'avait pas la même teinte que la leur mais... Elles étaient toutefois mes nouvelles sœurs abyssales.

Je repris des forces, j'appris à contrôler ma nouvelle forme et appliquer tout ce que j'avais pu apprendre dans ma vie, danse, chant, musique, cuisine...

Puis vint le temps de l’appel… J’ignore si les autres fées le ressentent, ni même si elles le nomment ainsi… Mais l’appel me faisait quitter mon nouveau foyer et m’aventurer vers cette ville lointaine. Je marchais et marchais en souffrant de ces maudites chaussures dont j’avais dû m’affubler. Selon mes sœurs, il était normal d’enfermer ses pieds, de les punir ainsi. Quel monde !
Sur le trajet, je croisais plusieurs embûches. Tout d’abord, les bêtes sauvages… Alors que je me désaltérais au ruisseau, une grosse boule de poils vint me grogner dessus d’un air mauvais. Et c’est là que, contre toute attente… et bien oui je me suis transformée et je me suis enfoui !  Je ne suis pas inconsciente au point de combattre un ours en rut !

Essoufflée , je m'arrêtais une fois hors de portée de l'animal. Quelques instants plus tard, mes narines captaient une délicieuse odeur de viande grillée. D'un pas discret, je m'approchais de la source alléchante et cachée derrière un arbre j'observais de quoi il en retournait. Un groupe d'hommes étaient entrain de camper. Une biche dépecée cuisait sur une broche qu'un gros bonhomme de cuir noir vêtu faisait tourner. Ils portaient tous des masques… Leurs tenues étaient d'un tel cliché, que j'en avais levé les yeux au ciel. Même dans la forêt sombre d'où je venais, plus personne ne portait ce genre d'accoutrements bien trop connotés. La peur naissait de la surprise, du quotidien pouvant devenir danger, de l'ami retournant sa veste d'un claquement de doigt pour mieux vous planter. On ne se méfiait pas assez des enfants, des infirmes, des vieux traînant la patte , des souillons…
Il était donc impossible de faire volte face. J'aurais pu y aller à l'esbroufe mais le risque n'en valait pas la chandelle ou la biche dans ce cas-ci. Je me mis à échafauder un plan, simple mais efficace. Vu ma taille, ma capacité à voler et ma vitesse, j'allais faire diversion, les attirer d'un côté et leur voler un bon gros bout de biche de l'autre !
Et c'est exactement ainsi que j'obtenais mon repas. Je volais en contournant le campement puis secouait avec vigueur les broussailles et buissons. Pendant que les roublards allaient vérifier, je m'emparais d'une cuisse et me sauvait tout aussi vite. Il était vrai que j'avais un peu exagéré sur la taille du morceau de viande mais cela ne m'empêcha pas de l'avaler en entier.
Après une petite sieste bien méritée dans le creux d'un arbre, je reprenais ma route voli-volante afin d'atteindre le...désert. Je n'avais rien vu d'aussi hideusement répugnant. J'esquivais les cactus et autres plantes ingrates pour atteindre Menoch. Une ville… une atrocité de ville avec des briques, des gens qui ne vous parle pas, des bâtiments à l'architecture douteuse. J'y étais, j'étais là où il m'avait appelée, amenée.
Durant ce périple j'avais quelque peu changé, il m'avait imaginée d'une façon différente, d'un point de vue différent, il avait sûrement du écrire sur moi et je suppose que ma vie ici, derrière le voile, c'était à lui que je la devais.
Quoiqu'il en soit, s'il me retrouvait ou si je le retrouvais, je le remercierais d'avoir fait de moi son rêve en ce monde et de m'avoir donné forme. D'une certaine façon, je suis à lui, à son imagination car il est le premier à m'avoir souhaité dans ce nouveau monde.

FIN

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