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 Voyage onirique

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Ivory Doucenuit

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Messages : 156
Date d'inscription : 14/12/2015

MessageSujet: Voyage onirique   Lun 22 Fév - 8:30

J'ai toujours été une solitaire. Certes, mon éducation m'a un peu poussée en ce sens, mais également, je n'ai jamais éprouvé l'envie de me mêler aux garçons de mon âge. Et ne parlons pas des filles.

Peut-être parce que j'étais plutôt garçon manqué moi-même.

En fait, je n'ai jamais eu d'amis. Jamais avant Sathir.

Que je le choisisse lui comme ami doit en dire long sur ma bizarrerie. Mais le fait est qu'il est mon meilleur ami. Et pas seulement le seul.

Et pas seulement parce que je l'aime. D'ailleurs, d'aucun vous dirait qu'on ne peut pas être sûr d'aimer au bout de quelques semaines.

J'en connais un autre, qui me trouble et qui ne se prive pas de parler d'amour au bout de quelques heures.
Mais c'est peut-être un menteur ? Ma tête me hurle que c'est SUREMENT un menteur. Education... éducation.



Je ne fais confiance à personne. Ce n'est pas vraiment votre faute, c'est juste que j'ai été élevée comme ça. Faire confiance c'est prendre le risque d'être trahit, d'être vendu, d'être tué. Alors pourquoi Sathir ? Impossible de le savoir. En tous cas, je suis partie pour l'aider, comme il m'aide de son coté. Un échange de bon procédé. Rien à voir avec la confiance ou l'amour. Tu parles...

Au lieu de dormir sagement, comme j'aurais dû le faire, profitant de l'inconscience de mon menteur préféré pour le surveiller, me voici plantée devant ma paillasse, sortant tout un arsenal de fioles et de potions. Je pèse une dose, au gramme près. C'est tellement important. Personne ne peut le comprendre, à moins d'être alchimiste.
Je note la mesure dans mon cahier.

Je me suis versée un verre de vin. Je n'aime pas trop le vin mais en général, ça cache bien le goût de toute autre chose. Je verse la dose dedans.
C'est le meilleur moyen de tester sans prendre trop de risque. L'action du mélange est souvent plus diffuse quand on l'ingère plutôt qu'à le prendre autrement. J'espère que ça me permettra de pouvoir prendre des notes sur les premiers effets avant d'être entièrement prise au jeu.

Mon esprit s'égare à nouveau tandis que je touille mon verre de vin, me ramenant sans cesse vers mes yeux noirs préférés, vers la voix de velours, celle qui s'est offusquée tout à l'heure. Il avait l'air sincèrement blessé que je ne puisse lui faire confiance.
Pauvre chéri... parfois j'ai vraiment l'impression qu'il a grandit dans des draps de soie. On n'a pas dû souvent le menacer de le faire disparaitre.

D'ailleurs, je jette un regard autour de moi, analysant rapidement les sorties, les entrées, le matériel encombrant l'espace. Je calcule dans ma tête l'impulsion nécessaire pour rouler par dessus la paillasse, en espérant ne rien brisé dans mon mouvement. Si je lève les bras en roulant, effectuant un joli soleil, je devrais pouvoir repartir en courant sur une impulsion.
Au pire, il y a la fenêtre au fond. Elle ne ferme pas bien, un simple coup d'épaule devrait me permettre de l'ouvrir.

Revenons à nos moutons. Enfin... à nos substances.
Je pèse une dose, au gramme près et je la verse dans le verre de vin.
Je le mélange soigneusement, examinant la couleur et les résidus. Apparemment, la poudre se dilue bien. Elle est un peu longue à la chose, c'est à prendre en considération.
Je note la dose dans mon cahier.

Si on m'avait dit qu'un jour je ferais ce genre d'expérience... moi qui déteste perdre le contrôle.
Enfin, j'ai calculé mon coup, je devrais juste ressentir un avant-goût.

J'avale la mixture sans sourciller. J'ai déjà fait des tas de tests pour des tas de substances différentes. Jamais pour ce genre de récréation cependant.
Je ne peux pas laisser Sathir risquer sa vie encore une fois. Je refuse de le perdre.

C'est affreux ce sentiment... je n'ai jamais éprouvé ça pour personne. La mort fait partie de la vie.

Le pire c'est que...

OUTCH


L'effet est rapide. Mon coeur se met à battre plus fort et le monde à tourner de plus en plus vite. Je m'écroule sur le sol, espérant avoir raté les fioles et les bouteilles qui étaient restées sur la table. J'ai l'impression que mon corps cherche à s'envoler... ou bien à s'enterrer.

Je plonge directement en pleins cauchemars. Enfin je crois que c'est direct. Peut-être suis-je allongée sur le sol depuis de longues heures, comment savoir ?

J'entends le raclement d'une épée sur le sol. Le bruit de bottes qui martèlent les dalles. Quelqu'un descend les escaliers. Quelqu'un qui vient pour me tuer !!!!!!

Je roule sur le coté, retenant un gémissement de douleur. Mon corps me semble peser une tonne et demi. Je rampe vers la sortie avant de me rendre compte que c'est par là qu'ils vont entrer. Je suis presque sûre d'avoir entendu plusieurs paires de bottes.
Je m'accroche au montant de la fenêtre et comme prévue, elle s'ouvre d'une poussée. Je roule dans la pièce d'à coté, refermant le battant aussi vite que possible sans faire de bruit.

- Ivory ?

Une voix chaude, presque tendre.

Puis j'entends un rire... le genre de rire qui n'augure rien de bon. Un frisson me parcourt le corps, crispant mes muscles et affolant ma tête. Je suis en pleine crise de paranoïa. Je reconnais les symptômes sans pouvoir me raisonner. A tous les coups, je vais entendre bien des choses qui n'auront pas été dites.
Je rampe sous la table de la salle de réunion, ramenant mes jambes contre moi, roulée en boule et priant pour que mon adversaire ne me trouve pas.

- Ivory ?

Encore un appel. Vas t-en, Vas t-en !!

Mon corps se décide enfin à s'enterrer. Je sens la pierre se fendre sous moi et mon dos se fait tirer par en dessous. Allongée à présent à plat dos, je prends conscience de la chaleur que le sol dégage. Comme si quelque chose chauffait là-dessus. Au dessus de moi, il y a une table en pierre. Je suis sûre de pouvoir dessiner les veines du marbre de mémoire tant elles me paraissent claires.

Cette fois le sol s'est ouvert, j'ai entendu les craquements. Toute la pièce bouge et s'écroule autour de moi. Je n'ai pas la force de résister, ni même de m'échapper. Je dois crier peut-être, mais sans certitude, je n'ai pas l'impression de pouvoir bouger.

Sous moi, un volcan s'active. Je sens la brûlure de la lave dans mon dos. La douleur est insupportable, elle me mord à plusieurs reprises et je voudrais pouvoir l'éviter. Je tente de me soustraire. Je voudrais bouger, je voudrais que ça cesse.

Mes bras sont attachés. Liés entre eux, me maintenant à un poteau assez épais pour que je me plaque dessus. J'entends le claquement caractéristique du fouet avant d'en sentir la morsure dans mon dos. Je serre les dents.

- Ne pleures pas Iv'... Si tu pleures, tu meurs !

Je serres les dents plus fort, plongeant mon regard dans celui d'Urlryn, le drow, le maître alchimiste qui me tient les bras, fermement. Je ne me souvenais pas de ce détail. Mais la scène est habituelle.

- Mais tu as le droit de t'évanouir. Me chuchotte t-il.

Ah oui, je me souviens de ce conseil. Précieux conseil qui me permettait d'échapper à cet entrainement désagréable.

Je ferme les yeux.

- STOP ! Elle vient de se pâmer.

- Bordel ! Elle glisse de plus en plus rapidement.

- Tes coups sont de plus en plus violents aussi, Didrik.

La dispute qui s'ensuit me parvient à travers un voile cotonneux. Je n'étais pas totalement évanouie cette fois-là, mais je me souviens que je n'en étais pas loin.

- Cette fois, elle gardera des cicatrices. Annonce simplement Urlryn.

Le ton, sans appel avait fait bondir ma mère, furieuse. Je n'ai pas été la seule à m'offrir des cicatrices ce jour-là.

Je sens mon corps valser, tout tourne à nouveau. Mon dos me fait souffrir le martyre. Comme si on y avait versé du sel. C'est une sensation que je connais bien. Un autre entrainement.

- Tu peux hurler, Iv'. Crier permet de soulager un peu. Fais-leur croire que tu vas craquer, que tu craques, mais qu'au final, tu ne sais rien. Tu ne sais rien !!

J'hurle. Je crois.

Mon poing me fait mal, comme si quelqu'un l'avait mordue.









- Tu devrais bouger, Iv'. Si tu restes là, tu vas mourir.

Je tourne la tête vers la voix de Sathir. Mais mon regard rencontre un tout autre être.

- Gavain ? Tu... es muet.

L'évidence même. Il sourit, hoche la tête et me répond avec la voix de John.

- Je suis surtout mort. Tu te souviens ?

Non... non je ne me souviens pas et je ne veux pas me souvenir. Mon cœur s'affole et bât contre ma tempe, ma tête va exploser. Je voudrais me débattre mais une fois de plus mon corps est plongé dans du plomb. La brûlure dans mon dos est encore présente mais bien plus supportable qu'avant.

- Ton petit essai en poudre donne des résultats intéressants ?

- Non... je crois que je me suis plantée dans le dosage.

- Oh pour ça... Tu peux en être sûre. Doublement, si tu veux mon avis.

Il éclate de rire. J'adore son rire. Je ne l'ai jamais entendu rire. Ni Hurler... ni chanter... Mais bon, son rire est un mélange de deux autres rires. Ce n'est pas vraiment le sien. Qu'importe. Je l'adore.

Le monde tourne à nouveau, vite, très vite.

- Iv... l'Entre-Deux est plus accessible à ceux qui ouvrent leurs esprits. Mais là, si tu restes tu vas mourir. Bouges Iv'.

- Ivory !

Je reconnais cette voix. Je la savoure.

- Ivory !!!

L'autre voix, avec un brin de tendresse dedans, un soupçon de rire et une once de désir. Elle m'arrache un frisson.

- BOUGES !!

Ils hurlent de concert, m'arrachant à l'inconscience.






J'ai roulé sur le dos. Au dessus de moi, la table tourne moins vite. Je ne me sens pas bien. Mais mon odorat est là, signe sans doute que cette fois, je suis réveillée.
Mon sang tape sur ma tempe à intervalles réguliers. Désagréables.

Je tente de me relever et retombe aussitôt. Un voile de sueur froide me nimbe le corps et m'arrache un tremblement. A ce niveau, ce n'est plus du frisson et ça ne fait pas du bien.
Mon corps me fait mal. Comme si j'avais couru pendant des kilomètres en oubliant de boire.

Ah ! C'est sans doute ça.

Je me retourne et rampe sur le sol, rejoignant la fenêtre. L'enjamber est toute une épreuve qui me laisse le souffle court et exsangue de l'autre coté du muret.

Mon sac est là, intact semble t-il. Je pioche une gourde d'eau et avale un peu de liquide. L'eau stagnante a prit un sale goût. Je dois être ici depuis plusieurs jours.
D'ailleurs, mon estomac se rappelle à mon bon souvenir et d'un mouvement de sale humeur, il me renvoie mon eau dans un spasme très douloureux.

Un gémissement m'échappe cette fois. Pourvu que personne ne m'entende.


J'ai passé de longues minutes à attendre avant de boire une gorgée, puis une autre. Ensuite, dès que j'en ai été capable, je me suis débarrassée de mes vêtements déchirés. Quant à savoir comment j'ai réussit à les arracher, c'est un sacré mystère. Mon dos est tout écorché et une belle trace de morsure orne mes doigts.
J'ai la gorge en feu, signe que j'ai dû hurler. Enfin... je crois. Je ne suis pas médecin.

Après une toilette des plus minutieuses et des plus lentes, je me suis recouchée, la tête sur la pierre froide, laissant mon corps reprendre quelques forces.

Mon cahier m'appelle mais je n'ose pas trop bouger. Avec un peu de chance, il se décidera à venir me rejoindre tout seul. De toutes façons, je sais pourquoi ça a merdé. J'ai perdu le contrôle. J'ai prit une double dose.
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